vendredi 14 juin 2013

Mahaballipuram 5/5 bis - suite des temples de la colline

Reprenez donc le petit schéma de l'article précédent, nous allons faire la suite de la visite en suivant les numéros, c'est le plus facile d'autant que, normalement, il y a un petit chemin pour nous guider.

Une fois déscotchée de la Pénitence d'Arjuna, ce qui fut réellement difficile, je suis me suis lancée vers les autres belles découvertes à faire. Guillaume et Etienne, eux, en avaient marre des temples alors ils sont restés avec la voiture, faire je ne sais quoi....

Le temple-grotte de Pancha Pandava (je suis sûre que les plus attentifs sauront ce que signifie son nom!) est tout à côté donc facile. Ce grand temple avec ses piliers décorés de lions  est impressionnant vu de l'extérieur, mais dedans il n'y a rien; ni statue, ni sculpture....
Ce qui est tout de même incroyable, c'est que ça a été creusé directement dans l'intérieur de la colline, c'est quand même un fameux travail! surtout au VII° siècle....
A droite du sanctuaire, on trouve une sorte de couloir qui s'enfonce vers l'intérieur de la roche.C'est un cul de sac. Les spécialistes pensent qu'il s'agit d'une tentative de percement de couloir courant autour du sanctuaire, comme une sorte de cloître, mais qu'ils se seraient arrêtés parce que trop difficile

Dans le Mandapam de Krishna, juste à la gauche du dernier, par contre, une très riche décoration intérieure attire du monde.
Il s'agit encore d'une histoire de la mythologie indienne racontée en sculpture. Ceux que ça rase n'ont qu'à zapper mais moi, j'écris l'histoire avant de l'oublier.

Cela se passe dans un petit village, habité par des bouviers. Un jour, parce qu'il avait un truc coincé de travers, l'histoire ne dit pas quoi, le dieu Indra très en colère, envoie une grosse tempête sur le village des bouviers afin de les punir. Mais, ha ha ha, il avait oublié que dans ce village habitait un jeune homme beau et fort, du nom de Krishna, considéré comme l'incarnation de Vishnu. Pour sauver les villageois, Krishna, qui n'a pas peur de la tempête, soulève la montagne Govardhana Giri et la tient en l'air comme un parapluie. Tous les habitants, tous les animaux viennent se réfugier en dessous de la montagne et ainsi, le village est sauvé.
Partons du milieu de la fresque, on voit là Krishna qui tient la montagne au dessus de sa main gauche; ça a l'air si facile!!! A coté de lui, des villageois et villageoises dont certains portent des pots de lait sur leur tête. scènes classiques ici!
Complètement sur la gauche, des villageois, des animaux, tout ce petit monde sous la montagne représentée par cette saillie horizontale du rocher.
Au milieu de ces scènes de village, que l'on peut encore voir aujourd'hui, un bouvier, rassuré sur son sort, trait sa vache tandis que celle-ci lèche maternellement son veau.

Juste à gauche de Krishna, son frère, Balarama, qui tient par l'épaule un bouvier; la femme de ce dernier restant tout à côté et regardant Krishna avec admiration.

Un singe sur les épaules d'un paysan, des lions sous la montagne également. Ce n'est pas seulement le village que Krishna sauve mais il semble que ce soit plus une allégorie d'écologie bien avant que ce mot n'existe... Krishna sauve la nature toute entière des forces destructrices dues à l'ego d'un individu.... aujourd'hui, on dirait, protéger la planète de l'individualisme humain..... comme quoi les choses se répètent de siècle en siècle...



Allez, cette fois, on commence à grimper sur la colline. Pour vous c'est simple, il suffit de lire, mais imaginez que pour aller prendre ces photos, il fallait grimper, sous un soleil au zénith, en pleine période chaude du sud de l'Inde.... 35 - 40° à l'ombre... et là, pas d'ombre! Allez, courage, on y va, y'a deux trois trucs qui valent le coup!

La boule de beurre de Krishna, c'est un drôle de nom et avant d'avoir vu de quoi il retourne, c'est difficile d'imaginer.
Krishna, un des avatars de Vishnu, aimait beaucoup le lait, le beurre et la crème. Alors qu'il était bébé, sa mère cala son berceau à l'ombre, sous un chariot transportant des jarres de lait caillé, des pots de crème et de beurre. Krishna, qui était un bébé très fort, qui avait déjà combattu des dragons, et victorieusement en plus !, se réveilla et avait faim. Il se mit à hurler, renversa le chariot, les jarres et les pots tombèrent et se cassèrent, et Krishna mangea du beurre tout son saoul. Il en garda même pour le cas où... c'est un peu de ce qu'il a gardé qu'il a perdu, qui est tombé là et y est encore......  enfin, ça, c'est la légende, évidemment!
Alors, en vrai, c'est quoi? Ce n'est pas une pierre qu'on a posé là, non. Il s'agit de l’œuvre de l'érosion car en fait, la base de la boule et la colline dessous sont le même rocher. Au départ, il y a des mill-ions/-iards d'années, la colline était plus haute et avec l'effet du vent, des ruissellements, des fissures, etc, tout s'est aplati sauf la boule qui a l'air d'être rapportée par rapport au reste et bien, il n'en est rien. C'est bizarre mais c'est vrai!
Les british, qui n'y croyaient pas, ont harnaché la pierre avec des cordes et ont fait tirer le tout par tout un groupe d'éléphants. Ils ont tiré, tiré, tiré, mais rien n'a bougé.... alors le gars qui est assis à l'ombre en dessous, à priori, ne risque rien.... Ben moi, j'irai pas dessous, quoiqu'il arrive!!!


La grotte Trimurthy est une grotte temple dédiée à la trinité hindoue: Brahma, le créateur, Vishnu le protecteur et Shiva le destructeur, les trois dieux les plus importants du panthéon hindou.

Trois dieux donc trois cellules. L'entrée de chaque cellule est flaquée de gardes, les "Dvarapalaka". dans chaque cellule, une représentation du dieu avec des fidèles à genoux et des nains Ganas volant au-dessus.

La première cellule est celle de Brahma. Les temples dédiés à brahma sont extrêmement rares en Inde. Normalement, il a quatre visages mais là, étonnement, il n'en a qu'un.

Puis voici la cellule de Shiva. On reconnait là le lingam, normalement seule représentation du dieu. Mais ici, on le voit représenté sous sa forme humaine, ce qui est rare.

Enfin, voici Vishnu

A l'extérieur, à droite de la photo, on voit aussi une représentation de Durga, l'épouse de Shiva


Continuons sur le chemin, encore bien balisé, nous allons découvrir, au détour d'un tournant une bien jolie fresque, appelée le groupe des éléphants.
Deux éléphants adultes, deux éléphanteaux, un singe et un paon. Qu'est-ce que c'est ??????
D'après les spécialistes, il s'agirait de la mise en image d'un conte bouddhiste. Très curieusement car en général, à Mahabalipuram, tous les monuments sont en relation avec la religion hindoue. Il s'agirait d'un conte Jakata, antérieur même au Bouddha.
Un jour un éléphant, un singe et un paon se disputaient, chacun étant sûr d'être l'ainé de tous. Alors ils se mirent à comparer leurs souvenirs en parlant d'un banyan sous lequel ils viennent souvent. L'éléphant dit qu'il se souvient du vieux banyan alors qu'il n'était qu'un buisson; le singe s'en souvenant comme d'un jeune arbuste et le paon, lui, dit que c'est lui qui a vidé la graine de l'arbre, bien des années auparavant.....

Regardons plus précisément. J'aime beaucoup ce petit éléphanteau qui, en jouant, n'a pas fait gaffe et s'est plantée la défense dans le sol. Il a les pattes arrière en l'air et pédale tant qu'il peut!

Et celui là, plus timide, qui se cache derrière les grosses pattes de son père..... il semble qu'il ait souffert de l'usure du temps....





et un coup d’œil juste pour le plaisir, au singe et au paon...
Allez, on fait une dernière pause et on finit avec Mahabalipuram dans le prochain article, cette fois, c'est vrai! Ben oui, il faut vraiment aller à Pondicherry!!

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