La mousson..... c'est une drôle de chose que cette mousson ! Il y a un mois, comme nous trouvions que les pluies se faisaient rares, nous pensions que, vu les trombes d'eau tombées en juillet, y'avait plus rien dans les nuages ! :) Et lorsque nous en parlions avec les indiens, ils disaient tous la même chose: "c'est normal, il ne pleuvra plus sauf pour les fêtes de Ganesh". Bizarre bizarre .... ce serait donc Ganesh qui fait la météo?
Bref, du beau temps, du beau temps et ... la veille de Ganesh Chaturthi, des trombes d'eau! Toutes les nuits pendant les 10 jours de Ganesh, il a plu. Et le jour de Ganesh Visarjan, toute la journée, des trombes! A 17h, tout s'est arrêté et le ciel bleu est revenu, le soleil brillait, tout était redevenu normal.
Ganesh était immergé, plus besoin de pleuvoir !
Aaaaaah, mais ça aurait été bien extraordinaire sans la suite.....
Ce soir là , j'étais en train de faire sauter des courgettes pour le diner lorsqu'une amie m'appelle :"c'est mon anniversaire, on va diner dehors, vous venez?" ..... hop hop hop, on laisse les courgettes et on va, à pied, les retrouver. A pied parce que ce n'était pas loin et parce qu'il faisait enfin beau. Guillaume, prudent, prend un parapluie et moi, je rigole: "Avec tout ce qui est tombé ces jours-ci et surtout aujourd'hui, t'inquiète, il ne risque pas d'y avoir encore grand chose dans les nuages!!"
On retrouve les amis dans un resto pas loin, en extérieur, sous une grande bâche comme font tous les resto en période de mousson. Une grande tablée de 16 français qui, malgré la journée dry, fêtent joyeusement un anniversaire. On sait chanter même sans alcool !
Et, alors que nous demandions la bill, il se met à pleuvoir..; enfin, non, on ne peut pas dire pleuvoir, il se met à déluger, comme si tous les icebergs du monde étaient venus fondre juste sur notre tête.... En moins de 5 minutes, 10cm d'eau par terre, un raffut incroyable sur nos têtes, les bords de la bâche étaient devenus des cascades, nous étions entourés de murs d'eau, et autour de nous une piscine dont la hauteur d'eau ne faisait qu'augmenter. Bon, alors, finalement, on se rassoit, on continue à papoter, pendant que les employés du resto essaient désespérément de balayer l'eau vers les évacuations. On se dit que l'averse va s'arrêter. Et puis l'heure tourne, on est un jour de semaine, les enfants vont en classe le lendemain, faut quand même se décider!
Guillaume, tout content, ouvre son parapluie sous lequel on peut tenir à 3, ou 4 très serrés. Etienne fait le passeur pour aller de sous la bâche à l'entrée couverte, un par un, nous traversons la rivière de pluie qui nous monte aux chevilles. A l'entrée, il faut se décider: à pied? noooooon!! des amis nous raccompagnent, on s'entasse les uns sur les autres, à l'avant ou à l'arrière.... on est en Inde, on REMPLIT les voitures, même pas peur!
Mais c'était sans compter sur le fait qu'on était au soir de Ganesh Visarjan, donc des fanfares et des baffles hurlant les basses à chaque carrefour, des dizaines et dizaines de gens autour, dansant pour fêter la noyade de Ganesh, pires que trempés, mais en transe quand même. Donc il a fallu se frayer un passage parmi tous ces attroupements.
Enfin, on rentre, bien mouillés mais ayant passé un bon moment. C'est drôle comme la pluie, ici, ça fait rire!
Le lendemain matin, grand beau ciel bleu et soleil radieux! Je pars en vélo le matin pour ma séance de Pilates, 15 minutes toujours très sympa car je passe dans des rues arborées, peu passantes et le chemin est super joli. Les flaques d'eau, que dis-je, les lacs d'eau sont encore bien présents, rappelant les trombes de la nuit. C'est ainsi que sur North Main Road, la grande rue de notre quartier, la moitié de la voie était sous l'eau, et au milieu de la flaque, tranquille et sans bouger, une vache, les pattes dans l'eau jusqu'aux .... mollets ( ? en fait je ne sais plus très bien si les vaches marchent sur la pointe des pieds ou pas), et elle ne bougeait pas d'un poil, regardant les voitures, les camions, les vélos, les piétons qui essayaient de se faufiler pour passer sans mettre les pneus ni les semelles dans l'eau.....
Passant sur le pont, je vois que le débit s'est bien accru depuis la veille; et puis je monte vers le but de mon pédalage matinal lorsque la petite ruelle se trouve bloquée par un arbre, cassé, tombé en travers de la rue. En bas, il n'y avait aucun signalement, donc les motos, les voitures, les camions arrivaient et .... ben zut alors, devaient faire demi tour pour prendre un autre chemin. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que sur les 4 ruelles qui permettent d'accéder au quartier en question, 3 étaient barrées par des arbres tombés. Mais moi, sur mon vélo rose, j'ai même pas peur des arbres couchés: je porte mon deux roues et hop, j'enjambe les branches et les feuilles! faastoche!
Après mon heure de sport, je redescends , toujours sur mon vélo rose qui-ne-craint-pas-les-arbres-couchés, et je vais jeter un œil au slum qui jouxte la rivière, un peu inquiète de l'état des masures après cette nuit de vent et de pluie. Curieusement, les bâches sont encore là! Je remarque que les habitants avaient pris soin d'entourer leur "maison" de toile avec de grosses cordes pour que les bâches tiennent au vent. Les masures sont donc saucissonnées mais encore debout! Tant mieux parce que pour ces pauvres gens, c'est terrible quand leur maison s'envole! Heureusement, avec le beau temps des jours suivants, tout a bien séché!
Après la pluie vient le beau temps, mais attention à la mousson, elle est assez farceuse !
Je n'avais pas d'appareil photo avec moi donc article sans photo, mais les prochains sont plein plein plein d'images, donc un peu de patience, ça arrive!
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