Donc, premier soir, à peine arrivés, on file à St Thomas. C'était le Jeudi Saint et l'église est archi bondée. On arrive après l'homélie donc pour la messe, c'est fichu; tant pis, ce n'est que partie remise. En attendant on va au tombeau et au musée.
Construite en 1504 par les portugais et reconstruite en 1893 par les anglais, cette immense cathédrale, dont la flèche culmine à plus de 50 m, a été élevée le 16 mars (une bonne date!) 1956 au rang de basilique.
Comme je disais plus haut, on est arrivé au milieu de la messe. Et bien, on a vu un truc rigolo: derrière le chœur, à l'extérieur, des longues tables sur lesquelles des ornements bien alignés..... des dizaines et des dizaines... on ne comprenait pas trop. Et puis des prêtres en aube blanche.... des dizaines et des dizaines.... entre 60 et 100..... ils papotaient tous dehors. Et tout à coup, ils sont rentrés par la porte (derrière moi), en ressortaient de l'autre côté, prenaient un petit lot d'ornements et hop, en file indienne pour entrer dans l'église au moment de la consécration.... super bien organisés!
Vous voyez à droite de la basilique, comme un grand bâton de plusieurs mètres de haut, c'est le "pole of Thomas", ou encore le bâton de St Thomas. Selon la croyance locale, il fut taillé dans l'énorme fût retiré de l'embouchure de la rivière et érigé là par St Thomas lui-même, comme un repère pour que jamais la mer n'empiète sur le rivage à cet endroit.
Lors du tsunami de décembre 2004, la mer épargna la zone située derrière la basilique, sauvant ainsi des milliers de gens.
Du tsunami, nous en entendons parler beaucoup depuis une semaine que nous sommes dans le Tamil Nadu..... ce fut une horreur même si la vague n'avait que 10 m de haut, contrairement aux côtes de Thaïlande. Mais je vous en reparlerai plus tard.....
La nef, longue de 35 mètres sur un peu plus de 10. Le chœur, 19 sur 10...... c'est assez grand!
Le plafond vouté du chœur est recouvert de bois. De part et d'autre, les statues de St François Xavier à droite et de St Jean de Britto à gauche.
St François Xavier, on s'en souvient, fut un jésuite, évangélisateur de l'Inde et d'Extrème-Orient. Son corps est à Goa.
Et Saint Jean de Britto, jésuite aussi, portugais, évangélisa la côte de Coromandel et y mourut en martyr.
Au fond du chœur, juste devant le maître-autel, une immense statue du Christ, prêtre, prophète et roi.
Prêtre, ça on le voit par les ornements. Prophète: les paons et le lotus sont les symboles orientaux de la prophétie. Roi: la couronne.
Par ailleurs, les paons sont également un symbole de Résurrection. Enfin, Mylapore, le nom du village à l'époque de l'arrivée des portugais veut dire: "cité des paons"..... donc on ne pouvait pas les oublier!
Au dessus et derrière le Maître-Autel, un majestueux vitrail représentant Thomas mettant ses mains dans les plaies de Jésus. Ouvrage de Maître Mayer à Munich, il fut installé lors de la construction-restauration de 1896.
Là, un truc étonnant: en regardant la statue de St Thomas, je remarque cet espèce d'ouvrage de bois sculpté en hauteur. Je demande à Anthony, un chauffeur de rickshaw qui gentiment me donne des explications sur la cathédrale. Il parait qu'avant il y avait une chaire ici, très haute; mais elle est tombée en décrépitude (termites?) on l'a enlevée et seul son chapiteau est resté.
A droite du chœur, dans le transept Est, la statue de Notre Dame de Mylapore, appelée aussi Mylai Madha. Toute de bois sculptée, elle mesure 3 pieds de haut, soit environ 90 cm. Elle arriva en Inde avec le frère Gaspar Coelho, prêtre portugais, en 1543.
Au dessus de la statue, une fresque représentant l'Assomption.
Jean Paul II vint se recueillir longuement ici, devant ND de Mylapore en février 1986.
Anthony m'emmena en dehors de la cathédrale, pour me montrer un petit kiosque, entièrement vitré. A l'intérieur, une autre statue de Marie, Notre Dame de Mylapore également.
Cette statue, toute en bois, est habillée d'un sari et tous les jours, le sari est changé et on lui en met un nouveau, don de fidèles.
Alors que j'étais là, justement, arrive le gars-jules chargé de changer le sari, et un couple qui apporte le sari du jour. J'ai donc pu assister au "deshabillage-rhabillage" . j'étais estomaquée de voir avec quelle délicatesse et quel soin il faisait ça. Il faut vous expliquer qu'un sari, c'est une pièce de tissu de 6 mètres sur 1,20, un très très long rectangle donc. Et déjà, s'en vêtir quand on fait 1,60 ou 1,70 m, c'est pas facile, alors imaginez comme c'est encore moins simple quand la statue fait à peine un mètre de haut et qu'elle a les mains jointes.
Fortiche le gars-jules!! Marie est splendide dans son nouveau sari bleu!
Et pendant que je continuais ma balade, il en est un qui s'amusait bien à conduire un rickshaw!
Attention, chauffeur fou dingue!!!!



Merci Delphine de ce beau récit lu le jour de Pâques, c'est superbe et très émouvant ! On a hâte que tu nous racontes la suite (on est un peu resté sur notre faim avec l'histoire des habitants protégés du tsunami) !
RépondreSupprimerPetite anecdote sur les Jésuites : St Ignace de Loyola, le fondateur avait été soldat, ce qui se ressent dans ses écrits et dans certaines traditions de la Compagnie de Jésus : en Amérique du Sud, les missions indiennes sont construites comme des casernes : un bâtiment de commandement avec la chapelle, une place devant (comme une place d'armes) et des bâtiments de logement alignés autour, comme des baraquements. On trouve cela aussi en Inde ?
Amitiés
Louise
A vrai dire, je n'ai pas vu ce genre de choses. Ça aurait pu être à Goa, mais le problème est que la vieille ville a été détruite pour cause d'insalubrité, ne laissant en place que les églises et un couvent, celui qui jouxte la basilique du Bom Jesus; et suite à un incendie, il n'en reste qu'une petite partie.
SupprimerMais en y réfléchissant, il y a le couvent des Augustins, ou plutôt les ruines qu'on peut encore visiter (d'ailleurs ça fait partie des articles que je n'ai pas faits sur Goa because passée à autre chose avant d'avoir pu finir..... faut il s'y mettre maintenant malgré les 5 mois passés?) .... en revoyant dans ma tête le plan de ces ruines, ça semble être à peu près ce que tu décris: la chapelle, imposante, une grande place et des sortes de baraquements autour.