mardi 28 août 2012

Tulshibaug market et Tulshibaug temple

Ce quartier étant un des plus vieux de la ville, la concentration de vieux monuments n'a rien d'extraordinaire; aussi nous profitons d’être dans le coin pour aller au Tulshibaug temple. J'y étais allée en novembre dernier avec le WIN club pour une visite détaillée faite avec l'architecte responsable des travaux de rénovation. C’était super intéressant même si je n'avais compris qu'un dixième de ce qu'il a dit.... :)..... mais j'ai tout enregistré, il suffit que quelqu'un m'aide à mettre l'enregistrement sur mon ordi pour que je puisse écouter, réécouter ...... et comprendre... peut-être !

Les travaux ont bien avancé.
Ils refont tout à la main, y compris la taille des pierres

Les sculptures en bois sont encore impeccables

La grande salle du temple
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 au fond la toute petite pièce avec les statues des dieux et au premier plan la cloche qu'on sonne en arrivant pour prévenir le dieu qu'on arrive. Le petit gars est là pour récupérer les offrandes que les fidèles apportent

le plafond et les colonnes sculptées


les deux photos ci dessus et ci dessous ont été prises en novembre. tout le bois était décapé et les tuiles du toit allaient être changées. Ça a été fait et le bois a été reverni!

de part et d'autre du temple, deux petits "oratoires" avec un mini dôme du même genre que le grand dôme du temple mais en bien moins imposant

Et tout autour dans l'enceinte du temple: des habitations, des boutiques en tout genre, des passages vers l’extérieur, des murs peints .....


:-/

Une fois sortis de l'enceinte du temple, nous nous plongeons dans l'ambiance de Tulshibaug Market, ce marché permanent où grouille une foule bigarrée, dense, hétéroclite, qui peut faire peur mais n'est pas dangereuse. On y trouve..... beaucoup de choses......


et même trois oreillers blancs!

Tout à coup, Emmanuelle nous hèle: "regardez, regardez où vivent les gens! le premier étage, là, ils y vivent!!!!!! c'est fouuuuuuuuuu"
et oui, derrière ces toiles plastiques bleues, sous ces tôles ondulées, c'est un appartement..... et pas un bidonville, non, non, un appartement de ville !
Heureusement, il n'y a pas que ça ! Les vieilles maisons du quartier aussi sont habitées et je crains que le confort ne plaise pas à beaucoup d’européens.... pourtant, ceux qui vivent là y sont heureux.

Dans le market, au milieu des échoppes, un énorme Ganesh de trois mètres de haut.....


Une fois le bain de foule terminé, on part à la recherche d'un sari pour Pierre.... euh, correction: pour la sœur de Pierre !

lundi 27 août 2012

Vishrambaug Wada

Jeudi 16, les jours futurs du camp de famille commencent à fondre sérieusement et il me parait important d'emmener les jeunes dans la vraie ville de Pune, celle qui grouille de gens, celle qui sent mauvais, celle où les pollutions sonore et auditive sont maximales, celle où on ne peut pas se faire entendre sans crier, celle où regarder où l'on pose ses pieds est vital pour l'avenir de ses chaussures, ...... non pas que je veuille leur faire mal ni peur, non, mais il me parait important pour eux de réaliser que le quartier où nous vivons est un peu aseptisé (un peu seulement car ça décoiffe quand même vraiment quand on arrive pour la première fois!), que la piscine, l'eau courante, l’électricité sont ici des luxes exceptionnels, qu'ils ont une chance folle d'être nés en France.

Comme nous n'avons plus de voiture, tout le monde part en rickshaw ; il en faut trois donc j'envoie les petits groupes les uns après les autres au fur et à mesure qu'un véhicule libre apparait... rendez-vous à Vishrambaug Wada.


C'est un vieux bâtiment du 18° siècle construit par un rajah pour y donner des fêtes et loger ses invités. En pleine vieille ville, il renferme aujourd'hui une ONG et une poste mais sert aussi à entreposer des maquettes imposantes des monuments du patrimoine de Pune, sans compter les appartements des étages qui servent d'habitation.
Sur la rue, on le reconnait à son "balcon" en bois sculpté qui serait si beau si on lui enlevait la pancarte de pub jaune...... mais ça, ils en raffolent des pancartes de pub donc faut faire avec.

Les trois rickshaws arrivés à destination, nous sommes au complet et entrons dans la première cour.
 Le contraste avec la rue est saisissant. Le bruit est très atténué, les bâtiments sont encore bien jolis même s'ils ne sont pas très entretenus et nous avons dès lors envie de faire des photos-souvenir.


Et puis, nous entrons dans le deuxième bâtiment dont le rdc est utilisé par la poste centrale. Là, ils sont tous ahuris de voir comment ça se passe: comme en France il y a .... 50...100 ans.....


Des monceaux de lettres, paquets, journaux entassés de ci de là, des employés qui prennent des piles de lettres qu'ils lancent littéralement une par une dans les sacs sur lesquels sont indiquées les villes de destination.



 Les jeunes sont si impressionnés qu'ils mitraillent à qui mieux mieux sous l’œil amusé des préposés au tri.
 

 Par une porte latérale, on peut sortir et voir le guichet, ainsi que les boites aux lettres
Réaction instantanée: "heu, on voulait envoyer des cartes postales, tu es sûre qu'elles vont pouvoir arriver?" j'en sais rien, faut essayer! c'est clair qu'elles ont toutes les raisons de se perdre en route (et ça arrive!).

Puis nous passons dans la deuxième cour intérieure, qui est en train d'être restaurée; le résultat sera splendide! S'ils pouvaient avoir la bonne idée de restaurer ainsi tous les vieux bâtiments avant qu'ils ne s'écroulent......
 

Enfin, troisième cour intérieure dans la galerie de laquelle sont entreposées les maquettes. Dans des cages de verre de 2m sur 3, elles ne sont pas faciles à photographier, mais nos artistes du camp de famille en ont réussies quelques unes
 le marche de Mandai


 le temple de Tushibaug où nous irons porter nos pas dans les instants qui vont suivre

 là, sans certitude aucune, Fergusson College

et peut être Saint Vincent School

samedi 25 août 2012

2 ans

C'est fou .... c'est fou comme le temps passe vite ..... voilà maintenant deux ans que nous sommes à Pune ! Nous sommes parmi les plus anciens expats français ici, ça fait bizarre.

Je fais une pause dans les récits du "camp de famille" pour dresser un rapide bilan.

Alors, la première chose qui me vient à la tête c'est qu'on n'a pas vu grand-monde. A part nos enfants qui viennent avec leurs amis, Valérie et Nathalie qui profitent de voyages professionnels pour venir nous faire coucou, il semble que l'Inde n'attire pas grand monde. Et je comprends .... ce n'est pas un pays facile.
Pour ceux que le  prix du voyage affole, sachez qu'en s'y prenant à l'avance, on trouve des aller-retours pour moins de 500 voire moins de 400 euros. Avec Turkish Airlines, Jordanian Royal Airlines, Emirates Airlines, ou même Air France ou British Airlines, parfois, il y a des occas à 380 euros. Vu ce prix là aussi avec Lufthansa sur un Frankfort-Pune ...... donc peut être ces infos vont donner envie à certains, parce qu'on serait vraiment contents de vous voir!

Sinon, ce qu'on a gagné en vivant ici: Fatigue, Ouverture d'Esprit et Patience

fatigue: oui, le bruit, le climat, la pollution, les trajets en voiture longs et cahoteux, le fait que rien ne soit facile, ..... tout ça épuise, et ce d'autant plus sournoisement qu'on ne s'en aperçoit pas. On a l'impression que tout va bien et un jour, on pète les plombs, simplement parce que l'organisme est épuisé. Dormir vraiment bien n'est pas aisé, même si on accumule les heures de sommeil, on se lève avec un reste de fatigue. Alors les vacances en France sont non seulement bienvenues mais indispensables (quand on a pas trop de boulot dans la maison! ).

ouverture d'esprit: ça, c'est clair que compte tenu de toutes les différences que nous côtoyons, nous sommes sans arrêt en train nous dire que finalement, ces gens qui vivent différemment, qui ont de grandes qualités , qui pour certains ont même beaucoup de choses à nous apprendre, nous permettent de relativiser sur nos certitudes et nos prétentions d'occidentaux. Certes, cela ne remet pas en cause notre culture et notre passé, mais bat en brèche certaines idées qui nous feraient croire que nous sommes supérieurs. Ceci est valable pour les indiens, bien sûr, mais aussi pour tous les étrangers à côté desquels nous vivons.

patience: là, je crois que les fidèles du blog depuis deux ans ont eu à comprendre pourquoi la patience est une vertu à développer ici. Et soit on y arrive, soit on quitte le pays. Pas possible de composer avec la patience.

Etienne a commencé un nouveau cycle d'études. Il est rentré en DP 1, c'est à dire la première année du dernier cycle qui en compte deux. Compte tenu du niveau excellent de l'école en sortant de DP2, et compte tenu du niveau très moyen que l'on a en sortant de MYP 5, il est aisément compréhensible que le boulot soit  quadruplé, que dis-je, décuplé au moins(!) durant les deux années de DP. Et il vient d'en faire l'expérience: en une semaine de cours, il a déjà eu trois devoirs, deux de maths et un de physique, il bosse comme jamais, hallucine devant la rapidité que les profs ont à faire leurs cours et a du mal à resté concentré jusqu'au bout.
Par contre, si l'ambiance dans l'école les deux dernières années était moyenne, cette année, elle est particulièrement sympa, nous dit-il. De nombreux nouveaux, indiens pour la plupart, donnent à la classe une cohésion très agréable. C'est bien pour lui car ses meilleurs potes de classe, l'un français et l'autre coréen étant partis, il avait un peu d'appréhension.
Comme il n'a plus de sport en classe (oui, deux années à bosser dur, donc ils éliminent les heures de sport), il va s'inscrire à un club de sport, espère pouvoir continuer la boxe, et peut être va monter un atelier gym à l'école ou un club de rugby (l'étudiant écossais qui tenait le club de rugby l'an dernier lui a demandé, en temps que français, de reprendre le club cette année!). Question musique, ça repart de plus belle puisqu'il a pris "musique" en matière forte en classe donc des solos de trompette à préparer, du solfège, de l'histoire de la musique, des compositions en tout genre, et la guitare en plus. Car en effet, peut être saviez vous qu'il a commencé les cours de guitare en mai dernier. Il continue et est même revenu de France avec l'électro-acoutique dont il rêvait  (vue sur les photos d'un article précédent, dans les mains de Pierre, je crois). Donc cours de musique avec deux instruments à bosser ....

Il est toujours aussi heureux de vivre ici.

Guillaume a trouvé un rythme de travail un peu plus régulier maintenant qu'il est secondé à peu près correctement par ses collègues. Il doit toujours les "surveiller" car les façons de travailler ici sont loin d'être celles de l'Europe. Moins de rigueur, moins de sérieux .... Désormais, il travaille essentiellement à l'usine, donc une heure de route le matin et idem le soir. Il emporte son tiffin (panier repas) le matin car pas de cantine, pas de bouiboui compatible avec un estomac européen à portée de pieds....
La charge de travail de l'entreprise est,  il me semble, satisfaisante et donc c'est assez positif.
Sinon, de plus en plus à l'aise sur sa moto donc on découvre de mieux en mieux la campagne autour de Pune.

et moi..... j'ai arrêté les cours d'anglais, vous vous en souvenez, car Nishrin, ma prof-amie a déménagé et est partie à Bengalore, son mari ayant été muté là-bas. Je ne vais pas reprendre avec une autre prof d'autant qu'avec toutes mes amies internationales, je ne parle quasiment que anglais. Certes, après deux mois de France, c'est une catastrophe, je n'arrive plus à faire une phrase correctement construite.... mais bon, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage et de toute façon, même si elles rigolent, elles me comprennent! Par contre, je vais commencer les cours de hindi, histoire de pouvoir être plus apte à me débrouiller avec les rickshaws et les petits commerçants.
Je suis toujours contente d'être ici même si je trouve dur d'être si loin des enfants et si j'aime être en France pour apprécier une vie plus simple, avec des routes plates et des magasins qui ont les denrées de base dont j'ai besoin.

Donc bilan de deux ans à Pune assez positif, on repart pour une troisième année sans regret !

vendredi 24 août 2012

Raviolis party

15 août au soir, certains étaient à la messe du soir et les autres étaient chargés de faire le diner. J'avais préparé de la pâte et de la farce pour raviolis et ils étaient chargés de préparer les précieux petits oreillers.

Pierre, Gildas et Hubert ont cherché pendant un moment le meilleur modus preparandi.


 

Puis Emmanuelle et moi nous sommes consacrées à la cuisson et la sauce.

Un énorme chaudron plein de jolis raviolis a atterri au milieu de la table, et la bonne humeur n'a même pas été gâtée par la découverte de la farce : épinards-ricotta ...... "beuhhhh, pourquoi tu les as pas faits au bœuf et à la tomate ????????????????????????" .... j'en étais sûre !!!!!

Registration Day

Hélas, trois fois hélas, le jour fatidique de la rentrée des classes est arrivé ..... et les jeunes ont décidé d'accompagner Étienne pour que l'épreuve soit moins douloureuse. Et pour faire encore mieux passer la difficulté , on les a invités à prendre un petit déjeuner au Hyatt avant d'aller à l'école, et là, ce fut le démarrage du festival de clowneries.....
Nous attendions sagement - euh, non, pas trop sagement - qu'une table se libère pour nous dans le hall de l’hôtel, les moins de 23 ans d'un côté (Hubert taking les photos), et nous autres plus vieux de l'autre car déjà, on se demandait comment ça allait tourner..... 
et Camille ayant investi le piano et commençant à déployer sa looooooooongue liste de mélodies de piano-bar, alors que sur le canapé, ça commençait à chanter ....

ils nous ont donc très vite trouvé une table de libre!!!

Durant une heure, ils ont testé, commandé, mangé, bu, etc..... une noria de serveurs tournait  sans interruption entre les cuisines et la table ....... et vous ne pouvez pas imaginer ce que des garçons entre 17 et 22 ans sont capables de manger au petit déjeuner!

Puis l'heure de l'école sonna et Guillaume nous a laissé pour aller à l'usine pendant que nous allions affronter le rush du registration day.
 
 photos de l'école prises par Hubert.
 

Passages successifs à différents bureaux pour donner différents papiers... les jeunes avaient visité tous les coins et recoins de l'école; ils nous ont même accompagnés au bureau de la responsable des DP (Diploma Programm = les deux dernières années avant le bac, Etienne entrant en DP1), et au moment de rentrer dans le bureau, ils sont restés à la porte en chantant à tue tête "ce n'est qu'un au revoir Etienne, ....". Évidemment, tout le monde mort de rire, y compris la prof !

Nous sommes allés vite et je me réjouissais en pensant que nous serions sortis tôt, mais...... c'était sans compter sur l'avant dernier bureau: la compta ! deux heures de queue pour simplement dire à la responsable que le paiement se ferait comme les années précédentes, et lui redonner l'adresse email de Guillaume, adresse qu'elle avait déjà !

Mais durant cette longue attente, ils se sont relayés auprès de moi et c'est ainsi qu'Etienne a découvert le panneau du code de la route indien.
 Je vous ai agrandi quelques panneaux qui sont  tout de même assez rigolos tel celui qui interdit le passage aux charrettes à bras, ou celui pour les charrettes tirées par des bœufs.... de même, il faut savoir que pour tourner à droite, il faut sortir son bras droit par la fenêtre de la voiture, pour indiquer qu'on va doubler, il faut élever plusieurs fois de suite son bras droit vers le haut, pour indiquer qu'on ralentit il faut faire des mouvements de bas en haut et haut en bas avec le même bras droit, pour indiquer qu'on va tourner à gauche, on fait tourner son bras droit, etc....... c'est dire qu'il est impossible de conduire en Inde pour une personne amputée du bras droit!

Puis Hubert est arrivé et s'est installé à un bureau libre, comme s'il était quelqu'un de l'école. D'un ton très docte, il s'entretenait avec Étienne. Tous les gens dans la queue étaient tordus de rire...
 ce fut enfin mon tour ..... ouf, heureusement qu'ils étaient venus nous soutenir!

Pour couronner la fin de l'épreuve, nous avons eu droit à la répétition des gardiens de l'école pour la cérémonie de fête nationale du 15 aout.
Et voilà, alea jacta est ...... l'année scolaire a commencé ..... le lendemain, lever à 6 20 ......