samedi 25 août 2012

2 ans

C'est fou .... c'est fou comme le temps passe vite ..... voilà maintenant deux ans que nous sommes à Pune ! Nous sommes parmi les plus anciens expats français ici, ça fait bizarre.

Je fais une pause dans les récits du "camp de famille" pour dresser un rapide bilan.

Alors, la première chose qui me vient à la tête c'est qu'on n'a pas vu grand-monde. A part nos enfants qui viennent avec leurs amis, Valérie et Nathalie qui profitent de voyages professionnels pour venir nous faire coucou, il semble que l'Inde n'attire pas grand monde. Et je comprends .... ce n'est pas un pays facile.
Pour ceux que le  prix du voyage affole, sachez qu'en s'y prenant à l'avance, on trouve des aller-retours pour moins de 500 voire moins de 400 euros. Avec Turkish Airlines, Jordanian Royal Airlines, Emirates Airlines, ou même Air France ou British Airlines, parfois, il y a des occas à 380 euros. Vu ce prix là aussi avec Lufthansa sur un Frankfort-Pune ...... donc peut être ces infos vont donner envie à certains, parce qu'on serait vraiment contents de vous voir!

Sinon, ce qu'on a gagné en vivant ici: Fatigue, Ouverture d'Esprit et Patience

fatigue: oui, le bruit, le climat, la pollution, les trajets en voiture longs et cahoteux, le fait que rien ne soit facile, ..... tout ça épuise, et ce d'autant plus sournoisement qu'on ne s'en aperçoit pas. On a l'impression que tout va bien et un jour, on pète les plombs, simplement parce que l'organisme est épuisé. Dormir vraiment bien n'est pas aisé, même si on accumule les heures de sommeil, on se lève avec un reste de fatigue. Alors les vacances en France sont non seulement bienvenues mais indispensables (quand on a pas trop de boulot dans la maison! ).

ouverture d'esprit: ça, c'est clair que compte tenu de toutes les différences que nous côtoyons, nous sommes sans arrêt en train nous dire que finalement, ces gens qui vivent différemment, qui ont de grandes qualités , qui pour certains ont même beaucoup de choses à nous apprendre, nous permettent de relativiser sur nos certitudes et nos prétentions d'occidentaux. Certes, cela ne remet pas en cause notre culture et notre passé, mais bat en brèche certaines idées qui nous feraient croire que nous sommes supérieurs. Ceci est valable pour les indiens, bien sûr, mais aussi pour tous les étrangers à côté desquels nous vivons.

patience: là, je crois que les fidèles du blog depuis deux ans ont eu à comprendre pourquoi la patience est une vertu à développer ici. Et soit on y arrive, soit on quitte le pays. Pas possible de composer avec la patience.

Etienne a commencé un nouveau cycle d'études. Il est rentré en DP 1, c'est à dire la première année du dernier cycle qui en compte deux. Compte tenu du niveau excellent de l'école en sortant de DP2, et compte tenu du niveau très moyen que l'on a en sortant de MYP 5, il est aisément compréhensible que le boulot soit  quadruplé, que dis-je, décuplé au moins(!) durant les deux années de DP. Et il vient d'en faire l'expérience: en une semaine de cours, il a déjà eu trois devoirs, deux de maths et un de physique, il bosse comme jamais, hallucine devant la rapidité que les profs ont à faire leurs cours et a du mal à resté concentré jusqu'au bout.
Par contre, si l'ambiance dans l'école les deux dernières années était moyenne, cette année, elle est particulièrement sympa, nous dit-il. De nombreux nouveaux, indiens pour la plupart, donnent à la classe une cohésion très agréable. C'est bien pour lui car ses meilleurs potes de classe, l'un français et l'autre coréen étant partis, il avait un peu d'appréhension.
Comme il n'a plus de sport en classe (oui, deux années à bosser dur, donc ils éliminent les heures de sport), il va s'inscrire à un club de sport, espère pouvoir continuer la boxe, et peut être va monter un atelier gym à l'école ou un club de rugby (l'étudiant écossais qui tenait le club de rugby l'an dernier lui a demandé, en temps que français, de reprendre le club cette année!). Question musique, ça repart de plus belle puisqu'il a pris "musique" en matière forte en classe donc des solos de trompette à préparer, du solfège, de l'histoire de la musique, des compositions en tout genre, et la guitare en plus. Car en effet, peut être saviez vous qu'il a commencé les cours de guitare en mai dernier. Il continue et est même revenu de France avec l'électro-acoutique dont il rêvait  (vue sur les photos d'un article précédent, dans les mains de Pierre, je crois). Donc cours de musique avec deux instruments à bosser ....

Il est toujours aussi heureux de vivre ici.

Guillaume a trouvé un rythme de travail un peu plus régulier maintenant qu'il est secondé à peu près correctement par ses collègues. Il doit toujours les "surveiller" car les façons de travailler ici sont loin d'être celles de l'Europe. Moins de rigueur, moins de sérieux .... Désormais, il travaille essentiellement à l'usine, donc une heure de route le matin et idem le soir. Il emporte son tiffin (panier repas) le matin car pas de cantine, pas de bouiboui compatible avec un estomac européen à portée de pieds....
La charge de travail de l'entreprise est,  il me semble, satisfaisante et donc c'est assez positif.
Sinon, de plus en plus à l'aise sur sa moto donc on découvre de mieux en mieux la campagne autour de Pune.

et moi..... j'ai arrêté les cours d'anglais, vous vous en souvenez, car Nishrin, ma prof-amie a déménagé et est partie à Bengalore, son mari ayant été muté là-bas. Je ne vais pas reprendre avec une autre prof d'autant qu'avec toutes mes amies internationales, je ne parle quasiment que anglais. Certes, après deux mois de France, c'est une catastrophe, je n'arrive plus à faire une phrase correctement construite.... mais bon, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage et de toute façon, même si elles rigolent, elles me comprennent! Par contre, je vais commencer les cours de hindi, histoire de pouvoir être plus apte à me débrouiller avec les rickshaws et les petits commerçants.
Je suis toujours contente d'être ici même si je trouve dur d'être si loin des enfants et si j'aime être en France pour apprécier une vie plus simple, avec des routes plates et des magasins qui ont les denrées de base dont j'ai besoin.

Donc bilan de deux ans à Pune assez positif, on repart pour une troisième année sans regret !

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