mercredi 26 janvier 2011

un samedi chez Rahi, suite et fin

Alors où en étais-je ...... ah oui, le déjeuner.
C'était assez gênant car ils nous ont assis sur les deux seuls fauteuils qu'ils avaient, fauteuils de jardin en plastique empruntés pour l'occasion,  et nous ont donné à chacun notre assiette; on n'osait pas commencer ..... difficile de manger comme ça seuls, d'autant qu'on ne savait pas si eux en auraient ..... mais Rahi a vite compris et a commencé à préparer une assiette pour Imran et nous a dit qu'elle en avait aussi pour elle, Monali et son petit fils  Trascher qui était aussi avec nous.
Évidement, pas de couverts ! Ici, on mange avec les doigts ! En fait, on utilise des bouts de chapatis pour ce qui est un peu liquide ou pâteux (comme des épinards par exemple) et le reste, comme les pommes de terre, c'est directement avec les doigts.
Avec une bonne tasse de tchaï, le déjeuner fut un régal. Le thaï est le thé indien, il est infusé dans du lait avec de la cardamome, du gingembre et de la cannelle . J'aime beaucoup beaucoup ça! Si un indien vous demande si vous voulez du thé, c'est du tchaï qu'il va vous offrir; et si vous demandez à un indien s'il veut du thé, il s'attendra à ce qu'on lui offre du tchaï, et pas du thé comme on le fait chez nous ou chez les grands-bretons; alors attention, pas d'impair .....


Alors que nous déjeunions, arrivent des amies de Monali, et une de ses soeurs restée au village. Elles ne parlent pas anglais, juste marathi et un peu hindi, comme Rahi et Monali d'ailleurs .... mais pas grave, on a papoté quand même, avec force éclats de rire ....
 Elles vont à l'école du village. Monali n'y va plus depuis des années: elle a 16 ans, depuis longtemps en age de travailler pour gagner des sous...
 Une autre soeur de Monali, mariée dans le village , avec sa petite fille de 1 an.

Puis, une fois le déjeuner terminé, on retraverse le village, direction le marché.

 Il y a quelques belles maisons.

 L'atelier du tailleur: machine à coudre à pédales car l'électricité ne fonctionne pas toute la journée.

Des bons potes qui font la causette sur la place du village, y'en a tout autour de la terre....

Alors avant d'arriver au marché proprement dit, je vous laisse admirer les deux arbres, et particulièrement leurs troncs impressionnants:


Et nous y arrivons ... ça piapiate dans tous les sens, c'est le festival des couleurs et des odeurs; nous y sommes super bien accueillis, avec de grands sourires. J'y ai fait quelques courses ... aucune anarque!
 Rahi achète des épices. La balance de l'épicière est remarquable: vous arrivez à la voir?

 le marchand de sucre: il a aussi des piments et des pommes de terre


 stand préféré des enfants.... celui des douceurs



 petit jeu: j'étais au marché, je suis sur une photo ....... où ça?????????

Pour quitter le marché, il faut traverser la rivière; non, il n'y a pas de pont, on a des pieds, il y a quelques cailloux, on peut le faire, oui oui !
 Une fois la rivière traversée, comme je peux arrêter de regarder mes pieds, je jette un œil en amont et à moins de 10 m de nous, spectacle bucolique de pourceaux se désaltérant dans l'onde "pure" ...... la rivière est à tout le monde!!!

Allez, on redémarre, direction Pune ..... et quelques photos glanées au fil des kms ..... pour le paysage et pour les surprises indiennes


 
c'est sec ..... et on n'a pas encore commencé la saison sèche !


 Là, c'est une des surprises de l'Inde : en haut de ce champ, il y a une petite source; le monsieur quand on l'a vu, était courbé en deux et creusait ses canaux d'irrigation. Il était entouré d'une dizaine d'aigrettes qui picoraient. A priori, elles se régalaient des vers que faisaient remonter les coups de houe. lorsque le paysan a traversé son champ , nous avons vu les aigrettes le suivre comme si elles étaient des animaux apprivoisés..... c'était incroyable ! En Inde, on ne tue pas les animaux donc ils n'ont pas peur de l'homme et s'en approchent sans crainte.
de meneur aucun trace ....
 le chien semblait installé là depuis un moment!!
gêner la circulation? ben quoi ..... y'a rien de grave ....





deux petits enfants seuls au milieu de rien

Enfin, certains savent que j'ai rapporté de France un super mixer aux vacances de Noël .... et bien, en fait, peut être j'aurais pas du, il y en a deux modèles très usités en Inde que j'aurais peut être pu apprendre à utiliser:
le premier, c'est celui que j'ai pris, avec un très mauvais angle de prise de vue, je vous l'accorde, chez la belle-sœur de Rahi: dans sa main, Imran tient une pierre ronde qu'il fait rouler en appuyant un peu sur la pierre plate striée

le deuxième, c'est trop fun: deux cylindres de bois entre lesquels on insère des morceaux de canne à sucre.
 Le jus tombe en bas, dans le récipient vert.
la force motrice de cet engin ????
 ben voyons ....... le zébu !
 trop fort !!!!!

Nous en avons pris chacun un grand verre, c'était vraiment délicieux!!!
et .... non, nous n'avons pas été malades!



un samedi chez Rahi -suite-

Donc, nous arrivons dans sa maison, elle est toute contente de pouvoir nous la faire visiter. Nous passons le gros mur, une sorte de couloir dans lequel on commence à sentir une douce fraicheur et après, je vous laisse découvrir:
arrivée dans une pièce unique, sans fenêtre, faisant au maximum 12-15m²; la chaleur ne rentre pas à l'intérieur, c'est super agréable, mais c'est rustique!
 derrière Rahi, le coin cuisine-salle de bains avec , oh luxe, un robinet; derrière Guillaume le vaisselier
 Heureusement, Imran a sa petite lampe de poche sans quoi on ne verrait rien. Donc pas de lit, les indiens dorment souvent par terre ou sur un carton. Vous pouvez apercevoir une échelle pour monter à l'étage et, si l'on fait bien attention, là haut, on peut deviner, en blanc, une silhouette. C'est le grand-père - le père de Rahi ou de son mari, je ne sais plus- il habite là car, parait-il, il a perdu le nord le pauvre, et donc il reste là haut et on lui apporte à manger...... on est loin des maisons médicalisées pour personnes dépendants qui existent chez nous ..... pauvre grand-père.....

Rahi revient chez elle environ 1 fois par mois car 2 heures pour aller travailler (et encore, nous, on a mis deux heures en voiture moderne, mais elle n'a pas de voiture donc c'est stop, bus, etc..... donc surement plus de 2 heures!) et pour revenir, c'est pas possible. Elle a un petit logement dans Pune, et je crains que si elle a voulu nous montrer "sa maison", c'est parce que de celle-ci, elle en est fière, pas de celle de Pune .... donc on peut imaginer aisément que cette dernière doit être beaucoup moins luxueuse que celle du village!

Puis nous sommes invités à déjeuner en face, chez la femme de son frère.
Splendide porte d'entrée:
 Avec Monali, l'une de ses deux filles adoptives, celle qui n'est pas encore mariée.

 Cour intérieure

 Imran nous montre comment allumer la cuisinière

Et nous entrons dans la maison ..... encore une pièce unique. A gauche en premier plan, le lit, au fond à droite la cuisine. Les bidons sur le muret sont la réserve d'eau car il semble qu'il n'y ait pas de robinet dans cette maison là.

 la salle de bains

 le vaisselier

 Rahi prépare nos assiettes pour le repas : pommes de terre et chapatis ..... dé-li-cieux!

 sa belle-sœur nous fait des chapatis; Ici, tout se fait par terre, pas de table. Chez nous, quand je demande à Rahi de m'aider pour écosser des petits-pois ou équeuter les haricots verts, elle s'assied par terre .
Cuisson des chapatis sur la gazinière ultramoderne!

J'arrête là pour ce matin, faut que je file....  suite et fin cet après midi  ;)

lundi 24 janvier 2011

un samedi chez Rahi


J’avais pensé pouvoir vous envoyer un article sur notre journée de samedi avant la fin du WE mais une coupure inopinée d'internet qui a duré jusqu'à cet après-midi m’a fait rater mon envoi…….
Tant pis, la patience indienne aura encore du être mise en œuvre !

Depuis deux semaines, notre maid, Rahi, nous avait invités pour une visite chez elle. Elle était super contente qu’on accepte, et nous, super contents d’être invités ; ça prouve qu’elle nous aime bien. Donc samedi était le grand jour, nous partons à 11 h en voiture. Notre chauffeur Imran nous conduit car c’est en dehors de la ville et Guillaume ne se sentait pas de conduire deux heures à l'aller et deux heures au retour.

Passage de la première barrière montagneuse et nous voilà sur les plateaux du Deccan, sur la route de Sasvad - rappelez- vous : le vieux fort - et on continue au delà de Sasvad. Les paysages changent, très vallonnés, secs avec une végétation faite de buissons , quelques arbres , mais rien de très fourni…. Parfois une petite rivière , mais c’est plus un filet d’eau, voire quelques flaques entre les rochers qu’une rivière proprement dite. On en prend plein les yeux, c’est splendide …… magnifique !

Je regardais le paysage sans m'en lasser en me disant "si mes yeux avaient la fonction 'appareil photo', ce serait géant" ...... il y avait des tas de trucs déconcertants partout alors j'ai fini par sortir l'appareil de mon sac, d'autant qu'arrivait en face un char en bois tiré par deux bœufs, mais ....... le temps que je l'allume, que je règle le zoom, que je dérègle car le char avait avancé.... bref que je gagne ma réputation de photographe nulle .... il n'est resté que ça sur la photo:
En plus, je l'ai prise sans ouvrir la vitre , donc le reflet est visible ..... mais j'aime beaucoup l'attitude du conducteur ; c'est impressionnant!

J'ai essayé de prendre des vues du paysage mais comme ils mettent des poteaux électriques absolument partout, c'est difficile de trouver les cadrages qui les évitent.

A un moment, la route était bloquée par le passage d'un troupeau de buffles. Imran s'arrête pour les laisser passer et quand le berger eut traversé à son tour, il le hèle; celui-ci se retourne et hop .... dans la boite! Si vous arrivez à grandir assez la photo, vous verrez son sourire édenté mais non moins enchanté!




 un bien beau lac


 Enfin, après deux heures de route, nous arrivons dans son village et , premier arrêt, le temple. Des temples, on en voit partout dans la campagne, des petits, des moins petits, mais toujours très colorés. Donc Rahi et Monali, sa fille adoptive, nous emmènent au temple.
 
Il a fallu attendre dix minutes qu'il ouvre. Tout d'abord, elles achètent des offrandes pour le dieu ....... noix de coco et autres sucreries. Lorsqu'il est l'heure, une dizaine d'hommes puis tout autant de femmes entrent , déchaussés, en faisant tinter la grosse cloche que vous voyez au dessus de la porte d'entrée .... un coup chacun. A l'intérieur, sur la gauche, une grande statue d'un dieu cheval , rose fushia pétard, de la taille d'un vrai cheval. Les gens vont lui toucher la tête en signe de vénération. Puis on attend un moment. S'ouvre alors une sorte de petite porte toute en métal travaillé - un peu comme quand enfant, on repoussait du papier d'alu pour faire du relief - mais là, c'est pas du papier d'alu, c'est un métal dur , une sorte de tôle argentée, et le travail de "repoussage" (je ne sais pas si le mot existe) est magnifique.
Donc on attend un peu et cette porte s'ouvre, les hommes , puis et les femmes, viennent chacun leur tour apporter leurs offrandes que récupère un acolyte de l'autre côté de la porte, ils posent leurs mains à différents endroits bien précis où se trouve de la poudre rose pétard, posent leur front sur la marche de la porte en signe de respect. Les hommes alors vont se mettre à la queue leu leu pendant que les femmes finissent leur offrande et saluent au passage la figure du dieu qu'on voit au fond, à deux mètres derrière la porte. Je ne sais plus si j'avais mes lunettes ou pas, mais la figure du dieu m'a semblé être un smiley qui rigole, d'environ 60 cm de diamètre !!!!!! J'en suis restée baba...... Puis les hommes passent la porte et ont le droit de s'approcher plus près du dieu, et enfin,  ils sortent par une porte latérale. Nous retrouvons donc Guillaume dehors, qui leur avait emboité le pas, mais le rite n'est pas fini: ensuite, on fait le tour du temple et Rahi et Monali mettent leurs mains droites dans une dizaine de petites niches disposées sur le mur extérieur, niches dans lesquelles encore de cette poudre rose tenace.Inutile de dire qu'elles avaient les mains roses à la fin! Quant à Guillaume, le passage dans la salle réservée aux hommes fut fatal à son polo jaune; il est ressorti tout taché de rose fushia.....

Puis, direction la maison. On arrête la voiture à côté du puits qui alimente tout le village: il doit bien faire 3 mètres de diamètre, aucune protection et d'une profondeur ........ ahurissante !

  

 A pied, nous rejoignons alors la maison de Rahi, en passant par les ruelles


 Juste à droite, c'est le mur de la maison de Rahi......  au fond, un cochon qui fait les poubelles .....
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 Mais il est l'heure de diner, rien n'est prêt donc je file, je terminerai demain....

samedi 22 janvier 2011

Makar Sankranti

Alors, rapidement pour ne pas vous endormir avec mes discours, une petite explication sur le Kite Festival.

En Inde, mais aussi au Pakistan, en Afghanistan, surement Bangladesh aussi puisqu'ils ont tous une racine culturelle commune, la mi-janvier est fêtée avec le Makar Sankranti Festival. Il marque le retour du soleil dans l'hémisphère nord, il passe d'une constellation vers une autre, et de ce fait, cela entraine un changement de saison, c'est la fin de l'hiver..... youpi !
Cette fête, plus particulièrement fêtée dans les états du nord, débute traditionnellement par un bain dans le Gange, suivi par le partage d'un plat de fête, de couleur jaune, couleur de la joie, fait de riz et de lentilles.
Et oui, ce jour là, c'est la joie qui est le maître-mot .....la fin de l'hiver, chez nous aussi ça se fête .....

Fin de l'hiver, le ciel est bleu et une petite brise normalement chatouille les cheveux ..... c'est la fête du vent, c'est la fête du cerf-volant.
Ce jour là, les toits sont envahis (ici, les toits sont bien plus plats que chez nous!) par une foule de gens, chacun ayant pris soin de préparer où d'acheter un cerf-volant, et peu à peu le ciel s'obscurcit de ces objets volants multicolores and watching the colourful  sky during the kite festival is a feast for eyes.

Le jeu consiste à enduire la ficelle de son cerf-volant de poudre de verre et c'est ainsi que se font les duels, chacun tentant de couper la ficelle de l'autre. Lorsqu'un cerf-volant est libéré de son fil, une nuée d'enfants court avec l'espoir de l'attraper...... tout ça se fait dans une ambiance très bon-enfant, amicale et joyeuse.

Cette tradition est évoquée dans un très beau livre que je suis en train de lire (en anglais!!!!) The Kite Runner, de Khaled Hosseini, paru en France sous le titre "Les cerfs-volants de Kaboul". Très très beau livre.....

Et pendant que les 'cerfs-volistes' sont sur les toits, la musique bat son plein dans les rues, c'est la fête!

Bon, mais tout ça, c'est plus important dans les états du nord, moins dans notre Maharashtra. Ici, chacun se souhaite un "Happy Sankranti" en s'offrant des sucreries au sésame et autres douceurs.

jeudi 20 janvier 2011

à défaut de cerfs-volants ......

Alors les cerfs-volants, ce ne fut pas un truc faramineux comme ça aurait pu l'être ..... mais bon, en Inde, on trouve du positif partout donc je ne peux pas dire que c'était nul , non non non ..... pas nul du tout

Au moment de partir, Étienne ne voulait pas venir .... pas son truc, trop de boulot..... bref, ok, je pars seule avec une copine et ses enfants.

On sort de Pune par une route que je ne connais pas, on traverse des zones de style plutôt banlieusard que rural, mais attention, la banlieue ici, c'est pas comme la banlieue parisienne ou lyonnaise, c'est ..... ben en fait, y'a pas de comparaison possible avec la France, désolée .... des bicoques en bois, en taule, en tissu le long des routes, la voie n'est pas toujours bitumée mais souvent en terre, on voit des tas d'animaux qui profitent de l'ambiance route de banlieue avec joie et tout à coup, après 20 bonnes minutes de route, on arrive au milieu de nulle part dans un immmmmmmmmmmmmense chantier immobilier. Quand je dis immense, c'est carrément monstrueux! Sur un chemin de terre entre les immeubles en construction, nous roulons. L'atmosphère est lourde de poussière .... poussière de béton, poussière de sable, poussière de je ne sais quoi mais c'est incroyable .... jamais vu ça! Des immeubles énormes de part et d'autre, à perte de vue, sortent du sol, ils n'en sont tous qu'au 5° ou 6°étage, les fers à béton sortent de partout, on zigzague entre les matériaux, on se demande vraiment si le chauffeur ne s'est pas trompé. Mais non, nous suivons des ballons de baudruche et des pancartes marquées "Kite festival". Puis, d'un seul coup, il stoppe à côté d'un immeuble pas terminé, comme les autres, donc en plein travaux.
On a l'impression d'être au milieu de nulle part....
Des loustics nous ouvrent les portières et nous invitent à emprunter l'escalier que nous découvrons alors: un escalier qui semble nous emmener au beau milieu du chantier, mais, attention,on y avait placé, pour l'occasion, un tapis de moquette grise ! le luxe!!!! Hop, nous voilà partis ..... 10 marches en montée, plan incliné, virage à droite, re-plan incliné qui descend, dix marches en descente et ....... oh, incroyable ... nous découvrons alors un truc fou ......

L'arrière de cet immeuble était complètement fini, enfin pas l'intérieur, juste la façade du rez de chaussée et, les jardins ...... façade en arc de cercle avec déambulatoire sous colonnes corinthiennes blanches immaculées, jardin avec roseraie d'environ 1500 m² où toutes les roses étaient en fleur et les rosiers bien entretenus, un énorme amphithéâtre à la grecque où répétait un groupe rock qui y donnait un concert le soir même et où passera Brian Adams bientôt, et puis, clou du panorama, un immense plan d'eau-piscine, tout carrelé de bleu turquoise, peut être six ou sept fois grand comme une piscine olympique, en forme de ....double haricot OGM ...... un immense jet d'eau rivalisant avec celui de Genève, un petit pont de bois pour passer au dessus du plan d'eau à l'endroit où les deux morceaux du haricot se joignent, et des mini-cascades sur tout le pourtour, un peu comme si, - vous savez, dans les piscines municipales, au bord, il y a une longue goulotte qui permet de récupérer l'eau quand on fait des vagues, vous voyez ce que je veux dire? - et bien comme si ces goulottes étaient plus hautes et au lieu de récupérer l'eau des vagues et bien, elles envoient l'eau dans le bassin comme une petite cascade .... bref, je ne sais pas si je suis claire.... en tout cas, c'est un truc incroyable quand on pense que l'eau est une denrée à économiser ici, quand on pense que plus de 90% des habitations n'ont pas l'eau courante mais qu'il faut que des camions viennent tous les jours remplir les citernes du toit, et pas en eau potable !

Donc déjà, même si on avait du repartir tout de suite, on en aurait eu suffisamment pour remplir notre sac à curiosité. mais ce n'est pas fini .....

Une fois passé le petit pont de bois, on se retrouve dans une trèèèèèèèèèèèèès grande prairie, que dis-je, une pelouse !!! Mais d'abord, passage aux stands d'inscription, puis celui où on nous donne un cerf-volant en papier de soie coloré, puis des bouteilles d'eau ..... et nous voilà sur cette belle pelouse toutefois aménagée puisque nombreuses allées de sable net et propre, parterres de fleurs, buissons de buis ou de petites fleurs violettes, etc..... et splendides hauts palmiers pour faire de l'ombre. Et de l'ombre, on en avait besoin car il faisait un temps magnifique, un ciel bleu extraordinaire et ....... pas un pet de vent !!!!!!!!



Ici ou là, sous l'ombre des palmiers de préférence, s'éparpillent des groupes, papas et enfants, assis par terre, s'évertuant à mettre en place les ficelles des cerfs volants ,alors que les speechs des organisateurs ont déjà commencé, et que les mamans papotent tout leur saoul !!!!


 



Je n'avais pas pris de cerfs-volant donc j'ai pu prendre le temps de papoter de ci de là, regarder les enfants, écouter les speechs ..... in english of course ! Au moment où le directeur de l'école d'Étienne (car MIBS faisait partie des organisateurs) annonce "I declare open the XX° Kite Festival !" , tous les yeux se lèvent pour voir ........ un gros amas de ballons de baudruche gonflés à l'hélium monter dans le ciel pur ..... et oui, l'immense cerf-volant qui, normalement sert à l'ouverture du festival était resté dans son placard vu le manque de vent .... pas un souffle, même pas celui d'un pauvre bébé criquet qui tousse .......



Mais qu'à cela ne tienne, les ficelles sont montées et les enfants tentent tant bien que mal de faire voler leurs cerfs-volants donc, les voilà tous qui courent sur la pelouse, avec, deux mètres derrière eux, leur trophée coloré hoquetant sans pouvoir s'élever, et les papas hurlant "vas y, il va y aller" espérant que celui de leur rejeton arrive à s'envoler dans l'azur, et les mamans, peut être plus pragmatiques criant "cours, cours plus vite", dans le seul but que leurs petits s'endorment comme des masses le soir ...... et ça, dans toutes les langues ..... les enfants indiens courant comme les enfants finlandais, les papas anglais hurlant comme les papas allemands, les mamans coréennes criaient comme les mamans françaises ...... trop drôle !!!!!!!!
le pire, c'est qu'après, comme tous les cerfs-volants se cassaient au bout d'un moment, ou bien le papier de soie se déchirait, et bien, quelque soit leur nationalité, les enfants pleuraient !!!!

Mais, comme les stands de restauration n'étaient pas loin, tout ça s'est fini avec cookies et jus divers, à la grande joie de tous.

par contre, les cerfs-volants auront servi à quelque chose: les quelques personnes qui écoutaient les organisateurs s'en sont servis de parasol:
 tiens, vous voyez en arrière-plan le dernier immeuble, celui qui a la facade finie, le dernier étage est loin d'être terminé!




En fait, je ne pensais pas arriver à vous raconter tout ça sur le kite festival, je pensais plutôt vous raconter la tradition forte des cerfs-volants dans cette partie du monde, c'est super intéressant ....mais j'ai déjà été bien longue donc je crois que je vais m'arrêter là. 


Si ça vous intéresse, un ptit comm, une question, et hop, je repars dans mes blablas ;)


just pour le fun, comme le kite festival correspond à une grande fête hindoue, notre maid et sa fille s'étaient fait belles, avec saris de fête .... 

et nos gardiens d'immeubles étaient en uniforme de .... j'sais pas quoi.... mais quelle allure, non? là, il pose devant notre boite aux lettres
évidemment, je lui ai coupé les bouts de ses bottes .....dommage!
il était super content que je le prenne en photo et fierrrrrrrrrrrrrrrrrrr