Ce concert de Noël fut un énorme défi car les enfants, en septembre, ne savaient pas chanter, ni même reproduire une seule note juste (ceci dit, les instit non plus!). Ils ne faisaient que hurler, avec un rythme exacerbé, bref, une horreur !!!
Je n'y croyais pas et c'est sur l'insistance d'Elizabeth, une jeune volontaire américaine, que nous nous sommes décidées.
Très vite, l'idée de faire chanter les pre-primary (maternelles) fut abandonnée. Et le travail avec les primaires a été vraiment laborieux. Le jour J, vendredi 20 décembre, arrivait et je me demandais bien ce que ça allait donner....
Nous sommes arrivés à l'école à 9h15, des instit décoraient une sorte de sapin, sous des yeux émerveillés.
Ce jour là, la consigne était "pas d'uniforme mais chacun en habit de fête". Chacun s'y était appliqué, y compris les instit. C'était splendide.
guirlandes de jasmin dans les cheveux
saris de fête
robes de princesse
Pour commencer la célébration, (c'est la dénomination officielle de la fête de Noël qu'ils font tous les ans) une instit arrive, je m'attendais à ce qu'elle fasse un speech sur le travail de chacun, sur des idées générales, etc..., et voilà qu'à ma grande surprise, elle se met à raconter le premier Noël, celui de Bethléem. J'en ai été à la fois surprise et très émue: nous sommes en Inde, dans une école dont tous les enfants et tous les instit sont indiens (nationalité) et hindous (religion); j'apprends que tous les ans, ils fêtent, et même, ils célèbrent Noël, et qu'il ne s'agit pas simplement pour eux du passage de Santa Claus (le père Noël), mais bien de la Nativité de Jésus !!!!!
Quand je pense qu'à l'école d'ET, dont les enfants sont en majorité issus de civilisations chrétiennes, que c'est une école privée, financée par des sociétés privées allemandes, donc pas de règlementation étatique à suivre, il a été décidé cette année que l'on ne fêterait pas Noël car c'était "trop chrétien" et qu'il fallait penser aux élèves qui ne le sont pas..... quand je pense aux crèches installées en France, dans une gare, par exemple, et qu'on somme les responsables de l'enlever des yeux du public car c'est une atteinte à la laïcité .... j'enrage .... et je me dis que, même si la France et l'Inde se disent toutes les deux "démocratie laïque", pour moi, c'est clair que l'une l'est mais pas l'autre !!!!
Écoutez le récit, il est parfait (même si les cadeaux des rois mages ont été un poil modifiés). Elle expliquait et en anglais et en marathi (pour que les plus petits puissent comprendre). J'ai coupé les passages en marathi pour que la vidéo ne soit pas trop lourde et c'est pourquoi parfois les transitions sont limites mais on comprend quand même! Au début, je ne filmais pas, n'imaginant pas forcément son discours intéressant, mais quand j'ai réalisé le sujet, vite vite vite, j'ai allumé mon appareil photo, mis sur vidéo, etc..... donc j'ai loupé le passage où elle raconte qui sont Marie et Joseph, que l'ange Gabriel vient pour annoncer l'arrivée de Jésus..... donc j'ai pris le récit en cours de route !
Puis voici ce que les instit ont fait seules avec les enfants et en écoutant ça, puis ce que les enfants chantent avec nous, je me dis que notre travail n'a pas été vain!
Les bergers, les moutons assis par terre, les anges à droite.... je n'ai pas pris de photo de Marie et Joseph, ils sont sur la vidéo...
et le petit choeur qui chante Alleluia et Gloria.... si si, on est en Inde et ce sont des enfants hindous qui sont sous nos yeux, ce sont des instit hindoues qui les ont "supervisés" !
Puis viennent les classes.
Les maternelles dansent au son des CD et les primaires chantent.
Malheureusement, des fausses manip ne me permettent pas de vous montrer toutes les classes, mais tant pis, vous aurez déjà un aperçu.
Elizabeth s'est plus occupée des maternelles pour leur apprendre les 'actions', leur expliquer le sens des chansons (avec l'aide leur instit car traduction des mots difficiles en marathi), et avec les primaires, elle expliquait les paroles, leur montrait les 'actions' tandis que je gérais la partie musicale pure.
On entend qu'au début, ils sont chacun dans leur ton mais petit à petit, ils s'harmonisent avec le violon et c'est parfois presque un bel unisson. Bon, c'est vrai qu'il faut rester objectif : le résultat final n'est pas top mais si je compare avec ce qu'ils faisaient en septembre, les progrès sont énooooooooormes!
Dommage, on n'a pas le film de Rudolph the red-nosed reindeer, c'était la mieux réussie, mais bon, il y a toujours des ratés dans les enregistrements.... en plus, mon appareil photo ne rendant pas bien les sons, ça semble plus faux que ça n'était .... donc le reportage est vraiment d'une qualité médiocre!
J'ai remarqué que faire chanter juste les maternelles est vraiment un énorme boulot (déjà en France, ça demandait bien plus d'énergie que pour les primaires), mais curieusement, ce ne sont pas les plus âgés qui chantent le mieux, non. Au contraire, on dirait qu'après 9-10 ans, ils ont justement trop entendu de brailleries immondes et qu'il leur est trop difficile de changer leur façon de faire. Ceux qui ont su le mieux s'approcher de ce qu'on leur demandait, c'était les 3rd et 4th Standart, c'est à dire les 8-9 ans.
Les maternelles avaient aussi préparé avec leurs instit des chants de Noël en marathi, il était clair que là, connaissant bien le sens des paroles, ils étaient plus à l'aise.
Les enfants spectateurs ouvraient à chaque fois des yeux curieux et passionnés, c'était trop mignon.
et les petits qui dansaient étaient à fond dans leur rôle !
Les derniers à passer étaient les First Standard, c'est à dire, l'équivalent des CP. Leur dernier chant, Jingle Bells a été repris par tous les enfants, tout au moins le refrain, c'est pourquoi sur le film, le volume sonore augmente à ce moment là. Ils étaient tous heureux de chanter des chants de Noël!
Le concert fini, nous soufflions.... la pression et l'angoisse étaient retombées .... les enfants étaient heureux, les instit aussi. Et moi, j'étais contente de voir qu'on pouvait progresser, mais que le chemin était encore bien long, donc je vais me remettre au boulot avec joie!
Toutes les instit voulaient être prises en photos avec les bénévoles, retardant ainsi notre départ mais c'était bien sympa!
On remonte dans le bus, prêts pour les deux heures de route nécessaires pour rejoindre Pune. La fatigue, la chaleur et l'énergie dépensée nous aident à plonger doucement dans la somnolence lorsque le bus s'arrête au milieu de la campagne pour laisser traverser un troupeau de chèvres.
Seraient-ils en route vers Bethléem?
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