vendredi 17 octobre 2014

comment-on-fabrique-les-bijoux pour les nuls

Alors on reprend le topo sur les bijoux.
Une fois les explications théoriques et historiques passées, on se lance dans la production.

Un film, tourné dans leur atelier, suit les étapes de la fabrication d'un bijou traditionnel. Au début, j'ai filmé des morceaux du film, ensuite, j'ai photographié le film, d'où des images pas top.... un peu floues mais je ne savais pas comment  faire autrement car mon appareil photo ne pouvait pas filmer un film de 45 minutes! Et tintin pour qu'ils nous laissent leur film !

Alors, si vous êtes vraiment intéressés, je suis sure que vous vous accommoderez de la piètre qualité picturale pour vous recentrer sur le sujet itself....

Dans cet atelier, ils n'emploient que des hommes. Bien sûr on  a demandé pourquoi; j'avoue ne pas avoir compris la réponse. Tout ce que j'ai capté c'est qu'à un certain moment, il y avait des femmes, mais seulement pour les perles et les diamants. Maintenant, il n'y en a plus.

Vous allez voir, c'est rustique, chacun son petit "établi" et son propre chalumeau à gaz.

Au début ils reçoivent des lingots d'un kg qu'ils transforment - je ne sais pas comment - (ben oui, mon anglais n'est pas encore suffisamment bon pour tout comprendre !)  en petits lingots de 10 g il me semble, que l'on lamine pour les amincir. Une fois bien affinés, on les fond dans un petit creuset et au chalumeau. On coule l'or liquide dans un moule très rustique qui en fait une petite tige d'environ 1/2 cm de diamètre que l'on coupe en tronçons d'environ 10 cm.
Regardez.....

Ces petites tiges d'or, on les passe entre deux rouleaux cannelés de diamètres décroissants. Et au fur et à mesure, ils s'allongent et leur diamètre diminue.





Parfois on utilise un autre système, peut être pour avoir des fils d'or plus longs: on accroche le bout d'un fil d'or à une sorte de rouleau
 on le passe dans un petit ....... gabarit (moi je dirais, un bidule   ....) ......  dont on choisit le diamètre et ...
 .... on tourne un deuxième rouleau pour embobiner le fil d'or aminci ainsi obtenu.  Évidemment, on tourne tout ça à la main!



Une fois qu'on a obtenu le fil du diamètre voulu, on va le travailler. Pour ça, on prend une base de cire malléable (en noir sur la photo) et on va tout faire dessus.
 Un fil d'or bien arrondi qu'on va mettre en haut d'une petite colline de cire pour faire un pendentif traditionnel bombé. Le gars-jules va installer des petits sequins d'or avec sa pince.

 Puis il va chauffer tout ça avec son chalumeau pour accrocher les pièces entre elles.

Par ailleurs, il va dessiner avec des lamelles d'or un motif, ici un paon, animal emblème de l'Inde.
 Encore une fois, il chauffe tout ça pour souder

 
 Et après avoir découpé les bords, devenus inutiles, il installe le paon au milieu du pendentif

Il va couper des minuscules morceaux d'un fil d'or et, les disposant sur un coton spécialement traité, les chauffe au chalumeau. Ceux ci alors, deviennent de vraies petites billes.
 Il va les assembler pour en faire des petites fleurs
 Une fois "chalumeautées", ces petites fleurs vont servir encore à décorer le médaillon

Voilà le premier travail de composition terminé.
 Il ajoute quelques petits crochets supplémentaires et re-chalumeaute encore pour que ça tienne.

Avec un pinceau, il va enduire tout le médaillon d'un produit . je ne sais plus si c'est plutôt de la paraffine ou plutôt de l'huile .... Mais vous allez vite comprendre à quoi il sert.
 Puis dépose élégamment un gros pâté de plâtre
 Encore un coup de chalumeau là dessus
 On retourne la cire et on chalumeaute allègrement le dessous

Vient alors le grand moment du démoulage.....
 La cire ôtée, on aperçoit l'envers du décor
 Allez, ne soyons pas pingres, chalumeautons gaiement !

 Le démoulage final ..... tout le monde retient son souffle .... extirper le médaillon de sa coque de plâtre est délicat
 Yeees !!!! Well done !
 On continue le montage en ajoutant des breloques aux crochets préalablement installés
 Mais ce n'est pas fini !!! L'intérieur de l'oiseau va être rempli de pâte de verre liquide (ou un truc du genre.... j'ai compris que c'était à base de verre et que c'était coloré, mais pour les détails, voyez un traducteur dument patenté )
 Puis au four!

 Sorti du four
 Alors après, on le plonge dans une série de bains différents, de l'acide, de l'eau salée, du produit truc et du produit machin ....
 Puis dans de l'eau savonneuse
 Et dans une centrifugeuse pour le sécher

 Et enfin, le ponçage/polissage .... il le ponce/polit sous toutes ses coutures, dans tous les coins....
 Tellement tellement qu'à la fin, il brille de mille feux !
Et voilà  !!! C'est pas de mon gout mais j'avoue que le travail pour y arriver m'impressionne vraiment !

Après avoir fini de regarder le film, nous sommes sorties de la salle et là, un gars-jules en vrai !!! Il nous montrait "grandeur-nature" tout ce qu'on venait de voir sur le film !

 Installation de différentes pièces sur la base de cire
 utilisation de petites pièces moulées
 découpage avec ultra-haute précision !
 montage
 et chaluleautage

Là, j'ai pu voir en vrai les petits morceaux d'or devenir de vraies billes, c'est impressionnant! J'ai touché le coton, il semble être normal et pourtant, le chalumeau ne le brûle absolument pas !

 Et pour ceux qui se demandent comment fonctionne son chalumeau: regardez, il le recharge en gaz. un peu comme on recharge un briquet !
Vraiment très très intéressant tout ça !!! Et sans rire, je suis ressortie sans rien acheter !!!!!

mercredi 15 octobre 2014

Vous avez dit bijoux ?

Encore une activité du Win.
Je n'y allais pas avec beaucoup d'enthousiasme, mais plus par curiosité. Et finalement, j'en suis rentrée super enthousiasmée, ayant découvert un artisanat - voire un art-  auquel j'étais un peu hermétique auparavant.... Alors je vais tacher de vous partager cet intérêt.....

Nous avions rendez-vous dans un grand magasin de bijouterie à Pune. Pas un petit magasin, non non, un grand magasin sur deux étages, avec des vitrines pleines de bijoux de toute sorte. Pour de la bijouterie, elles viennent en nombre les filles!!!
Après nous avoir offert thé, café, jus de fruits, biscuits, etc..., nous voilà embarquées dans un tour des vitrines 
Très belles choses à voir, c'est sûr, mais je ne me vois pas porter ça, pas encore suffisamment "indianisée" ! Dans les vitrines de bijoux anciens, de très vieilles pièces.....
Puis nous voici dirigées vers une pièce où l'on va nous expliquer l'histoire de la bijouterie indienne.
On a encore droit à des boissons et des biscuits, au chocolat cette fois...

Diaporama et conférencière très intéressants.
 Au plus loin que remontent les découvertes archéologiques, on trouve trace d'éléments décoratifs faits principalement d'os. Ils étaient plus probablement à usage religieux qu'esthétiques, genre d'amulettes, de talismans.
Puis ils sont devenus des objets de décoration pure, les premiers bijoux.
Sur les peintures d'Ajanta, déjà au VI° siècle, on voit que les personnages étaient parés de colliers, bracelets, diadèmes, etc....
Les sadhus, dénués de tout, ont toutefois toujours des colliers et bracelets sur eux; peut-être dans ce cas est-ce plus de l'ordre de l'amulette.

C'est ainsi que, de fil en aiguille, au fil des siècles, les décorations ont pris le pas sur les porte-bonheurs, mais néanmoins, en gardant souvent une signification.
Ainsi le poisson est symbole de pureté.

Les artisans utilisent les symboles dans leur créativité, mais essayent aussi petit à petit d'innover. Et les bijoux de toute forme apparaissent.

Le Thewa est l'application d'or ciselé sur un fond en verre.


Nous apprenons aussi qu'il y a plusieurs couleurs pour l'or. Je croyais qu'il n'y en avait que trois: l'or jaune, l'or rose et l'or blanc. En fait il y en a d'autres. Et c'est finalement non pas un or de couleur différente mais plus un alliage à base d'or.




Puis nous aurons un petit topo sur les différentes pièces de bijouterie. La femme traditionnellement met, de la tête aux pieds: des peignes  et autres décorations dans les cheveux, des diadèmes, des boucles d'oreilles qui s'accrochent sur le haut de l'oreille et d'autres qui se mettent sur tout le bord de l'oreille ainsi que sur le lobe, dans le nez, des colliers autour du cou, une ceinture, des bracelets pour les bras, d'autres pour les poignets, des bagues sur les doigts, des bracelets de cheville et des bagues d'orteils..... rien que ça !!! Impossible ainsi parée de passer sous les portiques d'aéroport !

Rassurez vous, elles ne se chargent pas ainsi tous les jours, mais, aujourd'hui, essentiellement lors des trois jours de cérémonie de mariage. Ma prof d'anglais me disait que, à la fin des trois jours, on a mal partout tellement c'est lourd!!!


Puis elle nous a montré les différentes inspirations des styles de bijoux.
Le thushi, c'est le grain de  ..... millet je crois ... ce qui donne des bijoux semblant faits de grains.


Le Gahu, c'est le blé


Surya veut dire soleil en hindi, on l'aurait deviné à voir la forme du collier !

Certaines fleurs aussi inspirent les créateurs
ou la feuille de bethel


Inspiration fleurs de jasmin

ou cobra ... brrrrrrr ..... j'aime pas ces bêtes-là ..... et dire qu'il y en avait un sur la branche d'un arbre au dessus de notre piscine ..... brrrrrrr ......

Et puis on a vu des dessins préparatifs




Petit tour d'horizon de différents bijoux traditionnels.
Un collier traditionnel de type Chinchapeti

Ce bijou là sert à faire en sorte que le pan arrière du sari, celui qui passe au dessus de l'épaule, ne tombe pas. Je ne me souviens plus comment on le met, zut ...

pour les cheveux

le nath, c'est pour le nez. Celui-ci est très soft

Là, ce sont des kaan, ça se met en haut de l'oreille, entourant tout le bord extérieur

ça, par contre, ça s'accroche au lobe


Des bracelets de cheville, avec des grelots pour les deux de droite

Ceinture à mettre sur le sari

Et voilà, on a fait un tour théorique. Dans le prochain article, ce sera bien plus pratique, avec les différentes étapes de fabrication. J'ai trouvé ça passionnant !