vendredi 19 octobre 2012

Pataleshwar caves temple

Creusé à même la roche, à priori du basalte d'après ce que j'ai lu, au 8° siècle de notre ère, le temple ou plutôt les temples de Pataleshwar, sont assez étonnants. On imagine bien, en arrivant d'en haut, comme ce cube de pierre a été creusé en profondeur, ne laissant en place que cette rotonde extérieure et les deux temples troglodytes, l'un caché en arrière plan sur la photo ci-dessous et l'autre non visible car à gauche.


Il s'agit de temples dédiés à Lord Pataleshwar, dieu des enfers, mais on y trouve aussi des statues de Nandi, Sita Ram, Lakshman, Lakshmi et Ganesh. J'avoue ne pas être très au fait des différents avatars des dieux hindous et je m'y perds dans ce panthéon aux noms parfois difficiles à prononcer, donc je ne pourrai pas vous expliquer qui, en fait, est vénéré ici......

Le plus grand des sanctuaires, au fond est vraiment étonnant; ce ne sont pas des piliers rapportés mais taillés à même la roche. Ils sont massifs, peu décorés mais donnent à l'ensemble du site une impression de sagesse et d'éternité..... bizarre comme sensation. En plus, il fait frais, très peu de bruit .... un calme bienvenu.
Ce sanctuaire compte 40 piliers et date de l'age Rashtrakoota...... à vrai dire, je n'ai pas trouvé ce qu'est cet age .... mais surement pas l'age d'or des architectes hindous! c'est quand même maousse-costaud-pas-très-finaud....
6 portes, toutes autant taillées dans la roche que les gros piliers, mais un peu plus décorées, s'ouvrent sur des petites pièces de 4m² chacune environ. Chacune renferme une idole et simplement une idole, rien d'autre.... bien sûr, elle est ornée de fleurs mais autour, pas de meuble, pièce vide.... murs de basalte, silence, fraicheur..... j'aimerais pas être enfermée dans une de ces pièces, c'est un peu glauque quand même!

le gardien du sanctuaire qui nettoie, arrange les fleurs .....  j'ai pris en photo l'intérieur d'une des "cellules" mais ça ne vaut rien, trop sombre (et je n'ai pas mis le flash car je ne savais pas si les photos étaient permises donc j'ai fait discrétos...à la jamesbondette ;) )

Là, c'est le Nandi, le dieu-taureau si j'ai bien compris. Celui-ci fait 1 mètre de haut environ. Il fait face à la cellule de Shiva . Juste derrière lui, la belle cloche de bronze qu'on fait tinter en entrant pour prévenir le dieu qu'on arrive lui rendre une petite visite. Comme j'ai voulu rester discrète, je n'ai pas pu prendre plus de photos, j'aurais été à découvert....

Si l'architecture est peu ornementée, ce qui est rigolo c'est qu'ils ont fait pas mal de gravures dans la roche, surtout par terre. J'ai trouvé ces petits pieds très amusants.


troisième sanctuaire (qu'on ne voyait pas sur la première photo car trop à gauche). Là, pas d'idole  .... bizarre. Les piliers sont beaucoup plus grossiers, il n'y a pas de cloche  mais un pédiluve.


La rotonde, au centre du cube creusé. Elle est dédiée particulièrement à Nandi, celui-ci fait bien deux mètres de haut. 16 colonnes, bien mastoc également.
Mais je suis étonnée de voir comme tout ça a bien subsisté à 13 siècles de moussons et de conditions climatiques difficiles.... donc en fait, c'est pas du grand art mais c'est du costaud!

En sortant, je n'ai pas pu m'empêcher d'immortaliser la sieste du vieux monsieur aux lunettes rondes sous l'immense banyan.
De retour à la maison, j'ai découvert qu'il y avait un musée à côté des temples. Il semble que son seul intérêt, hormis les siècles de poussière accumulée est de contenir une pièce notée dans le livre Guinness des records: un grain de riz gravé de 5000 caractères. je ne sais pas de quand il date mais j'irai à la chasse au grain de riz une autre fois......

dimanche 14 octobre 2012

WE retour du camp de famille 2012

Avant propos de la rédaction
je reçois à l'instant un email contenant des photos et avec une consigne: fais-en un article et lâche toi dans le délire, on n'a même pas peur! Comme il ne faut jamais frustrer les enfants, c'est bien connu, ben je me dépêche d'obéir, en bonne maman poule que je suis!
.....................

L'histoire commença à l'aube de 2012 lorsque les invitations d'une poulette et d'un coquelet furent lancées auprès de leurs amis: "venez avec avec nous sous l'aile de maman poule cet été ! Vous verrez, en Inde, il fait beau, il fait chaud, on rigole bien et papa coq est cool, il nous invite tous les jours au resto!"

Et c'est ainsi qu'en aout, ils se sont serrés, parfois à 3 par lit, pour le seul plaisir de rire toute la nuit et de faire les ânes dans la journée. Quand des poulettes et des coquelets font les ânes, je vous assure que ça laisse des traces.... indélébiles! Je ne suis pas sûre que les psychiatres puissent les sauver .....

Ça ne laisse pas que des traces, ça laisse aussi des liens, des liaisons covalentes quoi, ce genre de liaison qui fait que les électrons libres veulent retrouver leurs potes pour redevenir stables.

 Et c'est ainsi que ce WE, 13 et 14 octobre 2012, soit moins de deux mois après qu'ils se soient séparés sur les quais de la gare de Victoria Station à Bombay, il fallait qu'ils se retrouvent, sinon, leur équilibre en aurait été vraiment perturbé! Je ne sais qui a lancé la proposition mais ce que je sais , c'est que la réponse fut immédiate: Pierre rentrait dare dare de Lannion, Emmanuelle a sauté dans ses bottes de sept lieues pour arriver de Paris, Gildas, Coline et Théau n'ont pas attendu longtemps pour venir de St Naz.... et tout le monde à St Malo!
 Visiblement, ils sont tous autant fêlés, complètement crazy .... mais c'est chouette, c'est comme ça qu'on les aime: au naturel !
 Mais que font des poulettes et des poulets quand ils se retrouvent? ils appellent maman poule et papa coq sur skype !!  Ils n'ont pas changé d'une plume: toujours aussi rigolos, toujours aussi attentionnés, toujours aussi gentils à demander des nouvelles et se soucier de la santé du gésier de papa coq, toujours aussi délirants, à se chatouiller sans fin devant la caméra.... j'ai même réussi à avoir un fou rire rien qu'à les regarder .... et les entendre rire: quel bonheur!

 Théau et Pierre, faites pas semblant, je sais que vous vous retenez pour ne pas rire sur la photo!
Ce que je sais aussi, c'est qu'ils ont voulu recréer l'ambiance "Pune 2012" hier soir..... rigolades très très tard, délires sans fin.... mais Gildas, as tu eu ton mojito???? c'était indispensable!
 C'est parce que tu n'en n'as pas eu que tu es pensif comme ça????
Pauvre, pauvre ... reviens, y'en a toujours au Shisha, y'en a au Prem's et y'en a au Tertullia ..... rien que pour toi!
Merci pour cette rencontre au sommet, merci pour ce cot cot skypesque, merci pour vos rires qui sont arrivés jusqu'ici, merci pour vos mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaans qui résonnent sur une longueur d'onde qui atteint Pune sans déformation et en temps record.....

Vous nous manquez!
On vous aime!!!!
On vous embrasse !!!!!

mais qui donc prenait les photos?
et au fait...... avez vous terminé la bataille d'eau commencée et interrompue sans qu'on en connaisse le/la gagnant/e ?

samedi 13 octobre 2012

Vishrambaug Wada

On dit que le Peshwa Baji Rao II, qui a régné de 1796 à 1818 n'était pas entrainé pour faire la guerre, n'avait aucun sens de l'administration, était peu éduqué et craignait les fantômes. Difficile de savoir si tout cela est vrai, mais ce que l'on sait, c'est qu'il a fait construire Vishrambaug Wada, un splendide palais uniquement destiné aux loisirs, terminé en 1811 après 6 ans de construction.

Vishrambaug = le jardin du repos ...... tout un programme!

 

L'entrée principale se trouve sous le balcon en porte à faux agrémenté de sculptures élaborées et de représentations de créatures mythiques. De chaque côté de l'entrée, d'imposants piliers en teck, en forme de troncs de cyprès. Même les poutres sont ornées de sculptures de paons et des perroquets.

 

Haut de trois étages, de style essentiellement peshwa, on retrouve quelques adjonctions néo-classiques, datant de la fin du 19° siècle lors d'une restauration (vite faite-mal faite) par les anglais après un incendie. On voit encore de très belles boiseries sculptées par les artistes du Gujarat et du Rajasthan.

le plafond de l'entrée

 



La restauration, débutée il y a deux ans par la PMC (Pune Municipal Corporation), fait entrevoir un superbe résultat. 40 000 pieds², trois cours intérieures .... beaucoup de boulot! Le cout des travaux est estimé à 3 crores, soit 300 lakhs c'est à dire 30 000 000 roupies = presque 450 000 euros

un lakh, c'est 100 000 roupies.
un crore, c'est 100 lakhs  donc c'est 10 000 000 roupies.
et pour les pieds², je vous laisse chercher tout seuls!

Au milieu des cours intérieurs, de belles fontaines avaient été enterrées et c'est grâce à des vieux documents datant de la construction qu'on a pu les redécouvrir et les remettre en état. On a retrouvé aussi un puits de 300 pieds de profondeur qui servait aux besoins en eau potable.


Les piliers de teck ont été passés doucement au papier de verre puis traités à l'huile de lin pour ne pas qu'ils se dessèchent et pour éloigner les termites; parfois on injecte de la résine pour combler les crevasses et pour remplacer les poutres et les cadres des portes qui sont en trop mauvais état, la PMC a commandé du bois sec ayant déjà 200 à 300 ans d'age pour qu'il soit en parfaite harmonie avec les autres pièces. Ils trouvent ce bois dans les vieilles traverses de chemin de fer et lors de la démolition de vieux bâtiments. La première phase de restauration nécessite environ 1000 pieds cubes de pièces de menuiserie.

 De la même manière, lorsqu'il faut remplacer des briques trop usées, pour éviter de mettre des briques neuves, ce qui se verrait par la différence de couleur, ils font faire des briques spéciales "customisées" de la couleur et la forme nécessaires.


Nous étions venus là avec le camp de famille de cet été, l'accès y était alors complètement libre mais cette fois, avec Valentin, nous avons pu accéder à la première cour, à la poste, mais ni à la deuxième ni à la troisième cour. Nous avons juste trouvé le chemin pour monter à l'étage et voir les travaux d'en haut. Un peu frustrant....

Un peu d'histoire?
Peshwa Bajirao II a continué à résider à Shaniwar Wada, ce qui fit de Vishrambaug Wada sa résidence secondaire, où il venait pour se détendre. Il y venait plus longtemps  lorsqu'il était malade car sa femme avait un jardin de Tulsi (basilic sacré) planté à proximité (Tulshibaug nos jours) . On disait que le basilic avait de nombreuses propriétés curatives et même, simplement le respirer était considéré comme extrêmement bénéfique pour la santé.
Lorsque les british eurent envoyé le Peshwa sous d'autres paturages, ils utilisèrent le Vishrambaug Wada comme école .....  quelle hérésie quand on connait la signification de vishrambaug!
Si je dis à mes jeunes étudiants d'aller se reposer en allant trimer sur les maths, ils vont me regarder avec des yeux ronds et m'envoyer bouler!
A ce propos, j'ai été vraiment très très heureuse de vous voir tout à l'heure Pierre, Gildas et Théau ! Un vrai bol de joyeuse et bonne humeur. Passez un super bon moment avec Coline et Emmanuelle ! Je vous embrasse tous encore!

Et voilà, après que les anglais eurent mis le Wada à la disposition des écoles, le feu l'a ravagé, ils ont fait une réparation sommaire avec un architecte peu inspiré.... quel gâchis!

Bien que la cour soit désormais silencieuse,  il n'est pas difficile d'imaginer, au cœur de cet écrin de beauté, le bavardage des dames parées de leurs plus beaux saris de soie brillantes, les turbans des nobles hommes flânant dans une époque révolue, les voix, les rires et les mélodies feutrées derrière les tentures chamarrées.  

On  attend avec impatience le jour où le travail de restauration sera terminé après des décennies complètes  de négligence et de dégradation. La fierté des Peshwas pourra de nouveau rayonner comme les siècles passés.

Nana Wada

Pour illustrer le peu de cas que Pune fait de ses sites historiques, voici Nana Wada. Cette bâtisse a été le fer de lance des mouvements pour la restauration du patrimoine durant de longues années, symbole bien triste du désintérêt de la ville pour son histoire; mais il semble que les choses changent enfin ..... mais tout doucement!

A l'entrée, on peut voir de multiples panneaux, l'un indiquant que le bâtiment abrite la Nunan Marathi Private School, un autre affiche la Karamvir Bharao Patil School, un troisième explique qu'ici sont les bureaux du General Records Office de la Pune Municipal Corporation, ou encore sur un quatrième , on peut lire qu'il s'agit de Vidya Prasarini Sabha's Balak Mandir, .... et seulement dans un petit coin, on peut, si on cherche bien, trouver ce qui, finalement , est le plus important, ce bâtiment, c'est avant tout  Nana Wada, inscrit en troisième position sur la List of the City's Heritage Buildings.

Dans cette maison vivait Nana Saheb Phadnis, homme d'état, un des ministres très influant de l'époque du gouvernement peshwa. Il a même assuré la régence lors de l'assassinat de Narayan Rao. On dit que c'est sous son gouvernement que fut l'age d'or des Marathes. Les anglais l'appelaient le "machiavel marathe".

Lorsque j'y ai mis les pieds pur la première fois il y a deux ans, c'était vraiment triste de voir comme tout tombait en décrépitude. Un patrimoine extraordinaire risquait de disparaitre....



Ce fut donc une bonne surprise de voir que des travaux avaient été entrepris pour restaurer le bâtiment.

Des balcons majestueux, avec un plafond en forme de dôme, les arches en bois sculpté, les  piliers, les sculptures complexes sur le plafond ont résisté aux ravages du temps, de la pollution, du manque de soin.





En montant les escaliers de bois, dont les marches sont bancales, on sent le poids des années ayant pesé sur la structure mais on sent aussi que le manque de toilettes est flagrant!
 

Au premier étage, une grande salle: le darbâr, salle d'audience, dont les portes sont mal fermées; un interstice laisse apparaitre un plafond noir de jais ciselé, qui semble être resté intact. Il parait que le bois est resté en l'état durant toutes ces années car il a été mis pendant un an dans de l'huile de lin, puis dans de l'eau et enfin a été laissé exposé au soleil. Ça le rendrait imputrescible. 
Dans le darbâr dont les volets sont fermés, on aperçoit aussi de très imposants piliers reliés entre eux par des arches sculptées. Le sol de pierres de différentes couleurs formant une mosaïque, devait être recouvert de tapis car tout le monde s'asseyait à même le sol.


De part et d'autre des portes du darbâr, les murs portent encore avec fierté les peintures qui évoquent des scènes de la vie quotidienne d'un homme d'état: rencontres avec d'autres grands hommes, guerre, chasse, etc.... Des hommes, de chevaux, des éléphants.... peints en ivoire sur fond ocre rouge .....c'est encore imposant quelques siècles plus tard.



J'ai lu qu'au dessus du darbâr, il y a avait autrefois un Chattri Kerunana, observatoire pour regarder le ciel et les étoiles. Il a bel et bien disparu avec les années.


Du balcon du deuxième étage, Valentin me montre les toits des maisons du quartier. Nous sommes en plein vieux Pune et .....
vous voyez, là-bas dans le coin?
attendez, je zoome:


et sur un autre toit, en voilà encore!
Je ne pensais pas qu'on trouvait encore des singes en plein milieu de la vieille ville!

Enfin, mon regard est attiré par cette vieille maison. J'aime beaucoup!

Wada = palais ou, tout au moins, maison de maître

Shanivar Wada .... le Palais du Samedi. Bizarre comme nom pour un fort!

La première pierre fut posée le samedi 10 janvier 1730 et la cérémonie d'inauguration eut lieu le samedi 22 janvier 1732. Ces deux jours avaient été choisis par les astrologues comme étant de très bon augure... s'ils avaient su la suite, ils se seraient peut être abstenus!

Le Peshwa Baji Rao I°, grand général et premier ministre de l'empereur marathe Chattrapati Shahu, posa donc la première pierre de ce qui devait devenir sa demeure particulière.

Il fit venir le teck des jungles de Junnar, à environ 100 kms au nord de Pune, les pierres de Chinchwad, à peine 15kms au nord et la chaux de Jejuri, 30 kms au sud-est.
Le coût total des travaux s'éleva à 16 120 roupies, somme faramineuse pour l'époque.

un des accès aux remparts


Les portes intérieures étaient faites d'arches en teck finement ciselé; des piliers, également en teck, sculptés en forme de goutte (représentant le cyprès), soutenaient des plafonds eux-mêmes en teck magnifiquement ouvragés représentant des lianes et des fleurs. De ces plafonds descendaient de splendides lustres de verre. Les sols étaient recouverts de marbre poli, arrangé en mosaïque et  étaient réchauffés de riches tapis persans. Les murs était délicatement peints, représentant des scènes du Ramayana et du Mahabharata, les livres sacrés racontant les histoires des dieux.

Des fameux artisans de l'époque avaient été sollicités pour la construction et la décoration de l'édifice, tels le peintre Ragho ou l'expert en marqueterie  Morarji Patharwat Bhojraja. La construction a été confiée à un architecte connu sous le nom de Kumawat Kshatriya, originaire du Rajasthan .

ancien réservoir (il fallait bien abreuver les habitants!)

Pour plaire au fils du Peshwa, une fontaine fut installée: "la fontaine aux mille jets", Hazari Karanje. En forme de lotus à 16 pétales, c'était une œuvre bien compliquée pour l'époque. Chaque pétale comportait 16 jets qui  montaient à 80 pieds, soit environ 24 mètres.... Enfin, c'est ce qu'ils disaient.... peut-être exagéraient-ils un peu...

Les jardins réputés pour leur aménagement complexe attiraient la curiosité des visiteurs étrangers.



Plusieurs bâtiments rivalisaient de splendeur:
- le Thorlya Rayancha Diwankhana, salle de réception du Peshwa
- le Naachacha  Diwankhana, salle de danse
- le Juna Arsha Mahal, ou Salle du Vieux Miroir (celui de la sorcière de Blanche-Neige?)


et puis un bâtiment dont la renommée a survolé les siècles, haut de 7 étages. On dit que depuis sa terrasse, on voyait la pointe du dôme de Sant Dnyaneshwar, temple d'Alandi, haut lieu de pèlerinage hindou, situé à 17 kms de Pune.

à gauche, à priori, les vestiges des écuries et les soubassements du bâtiment ... peut être la piscine des éléphants?

Puis les différents peshwas ont fait des améliorations pour en faire un palais fortifié. Des murs d'enceinte percés de 5 portes avec 9 bastions , des cours intérieures, etc....

Parmi les 5 portes,  la "porte de Delhi" ou Dilli Darwaza. Elle est l'entrée  principale du complexe. Appelée ainsi car elle fait face au nord, regardant Delhi. l'empereur Chattrapati Shahu considérait que orienter le fort vers le nord était un signe d'opposition de Baji Roa envers l'empire mongol. Même si le Pewsha pensait que "la meilleure défense du fort serait les poitrines de ses vaillants soldats et non pas de la terre et du bois", la Dilli Darwaza était renforcées par des portes très massives. Elles étaient assez grandes pour laisser passer des éléphants déjà équipés de howdahs, sortes de palaquins posés sur le dos des pachydermes pour transporter les hommes en arme.
Pour éviter les charges d'éléphants contre les portes, chaque panneau était pourvu de 72 pointes d'acier de 12 inches de long (une trentaine de cm) arrangées en quadrillage de 9 pour 8, et situées à la hauteur approximative du front d'un éléphant de combat.


Chaque battant de porte était aussi renforcé par des traverses en acier boulonnées par des boulons dont les têtes étaient aiguisées en fore de cône.


Les bastions de part et d'autre de la porte principale sont équipés de meurtrières et de mâchicoulis par lesquels on pouvait déverser des produits brulants sur les assaillants.
 


Le panneau droit comporte une porte de la taille d'un petit homme , trop petite pour permettre à une armée de pénétrer rapidement. Et même si les portes avaient été forcées et ouvertes, une armée voulant charger serait obligée de faire un virage à angle droit vers la droite puis un autre vers la gauche pour traverser le batiment central. Cela permettrait à l'armée défensive de riposter avec de bonnes chances de stopper l'attaque.

S'agissant de la porte de cérémonie du fort, les campagnes militaires débutaient et se terminaient  là , sur l'esplanade extérieure, avec les cérémonies religieuses appropriées.

Parmi les autres portes, la porte de Mastani , Mastani Darvaza, faisant face au nord elle aussi, bien plus petite, était utilisée par Mastani, la maitresse de Baji Rao lorsqu'elle sortait de l'enceinte du fort.
La porte de Ganesh, Ganesh Darwaza, près de laquelle était érigée une statue en marbre de Ganesh, était utilisée par les femmes lorsqu'elles se rendaient au temple voisin de Ganesh Ganpathi.

La Jambhul Gate, faisant face au sud , était utilisée par les concubines pour entrer et sortir du fort. Elle fut renommée Narayan Darwaza, porte de Narayan, après que l'on sortit le corps de Narayan Rao, troisième fils de Baji Rao, pour sa crémation. Il avait été assassiné au dernier jour des fêtes de Ganesh en 1773.
 
L'empire marathe prenant de plus en plus d'ampleur, le palais devint petit à petit un centre très important de la politique indienne du 18° siècle.
Les archives font état de plus d'un millier de personnes vivant au sein de Shaniwar Wada en 1758.

En juin 1818, le Peshwa Baji Rao II abdiquait devant Sir John Malcom de la British East India Company et fut envoyé en exil politique dans un petit village de l'actuel Uttar Pradesh, état du nord-est de l'Inde.

Le 27 février 1828, un incendie gigantesque ravagea le fort durant 7 jours. seuls les remparts de granit, la porte d'entrée colossale en teck et les fondations des bâtiments internes subsistèrent.
certains bâtiments avaient plusieurs sous-sols

Malgré le fait que ce fort ait illustré un grand chapitre de l'histoire de l'empire marathe, et malgré son importante valeur culturelle, il s'est dégradé lentement par manque de soin et d'entretien. Cette incapacité à maintenir le site en état a  forcé  le département d'archéologie à solliciter la participation d'entreprises privées pour financer la métamorphose de Shanivar Wada.

Et juste pour sortir de toutes ces explications architecturo-historiques qui ne vont peut-être pas intéresser grand monde, un clin d’œil rigolo sur les échelles qu'ils utilisent dans la restauration. C'est de la super camelote: ça roule bien, ça monte assez haut, c'est léger, c'est pas vraiment stable ..... bref, tout ce qu'il faut pour bien se casser la margoulette!

mercredi 10 octobre 2012

et Valentin dans tout ça?

Avec nous depuis presque un mois, Valentin a reporté son retour de deux semaines, c'est super!
En plus, maintenant, il parle anglais donc quand on se balade, il parle autant que moi et c'est encore plus chouette pour lui, sans compter qu'il comprend bien mieux qu'au début et donc participe bien aux discussions. Ce matin, nous sommes allés commander des tirages de photos particulières, format inusuel, sur toile, et c'est lui qui a tout managé, c'est vraiment chouette.

Etienne est ravi aussi qu'il reste parce qu'il use et abuse de ses connaissances en physique; ils bossent tous les deux le soir, parfois assez tard et c'est vraiment précieux pour ET....

Quant à Guillaume, ben ,c'est couci-couça .... il est au lit, et tout le temps maintenant ! même plus autorisé à rester dans sa chaise longue aménagée en bureau . En effet, la rate se remet à saigner régulièrement (en fait, dès qu'il se sent mieux et qu'il se lève, zoup, ça repart, il redevient blanc et fatigué, son hémoglobine replonge et on est obligé de le recoller au lit-puni-sans-bouger !
Valentin lui a fabriqué un splendide bureau de lit, en teck s'il vous plait !! il peut y poser son ordinateur et travailler toute la journée, il est content !
Sur la photo, il y a juste le bureau car Guillaume est actuellement dans son bureau avec ses collègues pour une réunion, après presque un mois sans les voir .... c'était nécessaire (malheureusement pour la rate!).

Nous avions planifié pas mal de choses avec Valentin et cet accident est venu tout bousculer, mais toutefois, depuis un mois, nous essayons de sortir un peu, pas très longtemps mais tout de même, on a besoin d'aller s'aérer les neurones, et de faire marcher notre curiosité touristico-historique.

Et mine de rien, depuis un mois, on a vu quelques petites choses bien intéressantes.

Nous sommes retournés à l'Agakhan Palace, mais cette fois en ayant épluché des tas de pages internet pour comprendre, pour apprendre, pour connaitre l'histoire , non pas la petite histoire, mais l'Histoire qui se passa au sein de ce bâtiment. Une autre façon de voir les choses, et tellement instructive .....

Et puis, sans sortir de chez nous, juste en passant un moment sur le balcon, nous avons appris comment peindre un immeuble. il suffit d'être deux , d'avoir une échelle, une longue corde et une planchette. Allez, on vous montre:

Le premier gus installe son échelle sur le toit, s'assied dessus et enroule la corde autour d'un barreau.
Il est au septième étage, ne l'oublions pas! et la corde semble longue , longue....
au bout: le second bonhomme, assis sur la planchette, ses seaux bien accrochés, peint les murs, bien tranquillement.

 Pas mal, hein? mais le pire, c'est qu'il nous a vu , celui qui était assis sur l'échelle, et ..... qu'il a lâché la corde pour faire coucou de la main ....... NOOOOOOOOOOOOOON..... mais ouf , rattrapée à temps!
et l'autre, en dessous, toujours très à l'aise, se balançait pour agrandir son champ d’étalage de peinture....
Ils sont fous!

Le 30 septembre, c'était la fin des jours de folie de Ganesh Ganpathi; des temples érigés partout dans les rues, de la musique (enfin, musique est un bien grand mot.... disons du tapage) tous les soirs, hurlant dans les hauts-parleurs jusqu'à minuit et le 30, enfin, tous les Ganesh sont partis dans la rivière accompagnés d'une foule en transe et d'une fanfare hurlante.

Il y a des temples de Ganesh à tous les coins de rue. Ci-dessus, celui de notre rue.
Le 30, alors que je rentrais de l’hôpital en vélo, j'entendis un vacarme digne d'une procession vers la rivière, j'ai branché ma caméra embarquée et roulez ......
en fait, ça devait être juste une répétition car la remorque du tracteur n'avait pas encore chargé Ganesh.
Au moins, vous aurez une idée des dégâts que ça fait aux oreilles!

Un jour, nous sommes aussi allés au Raja Dinkar Kelkar Museum. Il s'agit d'un musée dans lequel sont rassemblés tout ce qui se trouvait dans le palais d'un raja du 18° siècle. C'est vraiment intéressant. Normalement, les photos sont interdites, mais ils ne me connaissent pas .... Valentin m'appelle James Bondette.....
 au premier plan, une mangeoire pour oiseaux en teck ciselé, et derrière une lampe à huile en bronze ciselé

 des instruments pour la cuisine, j'ai oublié ce qu'est celui du dessus, mais celui ci-dessous sert à couper les mangues vertes (très utilisées dans les salades)

 des outres faites en vessie de dromadaires.

miaou ?

et là, on arrive dans les jouets du petit prince. Nos enfants ont des petites voitures miniatures, le petit prince avait un char à bœufs miniature, et en bronze .... on joue pas dans la même cour.....

 la maison playm*bil

 le fort pour jouer aux petits soldats



Une grande salle est consacrée aux armes, armures et autres engins de guerre
 

des miniatures sur soie
 

les instruments de musique, certains sont assez rigolos comme cette cithare-paon

trompes et trompettes en tout genre

 Vues de la cour intérieure par des petits trous dans les murs

 
la grande chambre pour toute la famille

 Ils avaient des portes vraiment chouettes, j'en veux bien une comme ça pour la maison!

Enfin, on sort par la galerie des jeux de société. Ci dessous, des cartes à jouer, elles sont en ivoire peint.

et pour finir, le jeu d'échec en ivoire qu'on aurait bien emporté avec nous s'il n'avait pas été peint sauvagement  ..... et gardé férocement!