jeudi 17 mai 2012

Fort Ramgarh, fin du voyage

Vieux de 360 ans, le fort de Ramgarh nous accueille pour la dernière nuit.... impressionnant!!!! sa porte de 37 pieds (soit plus de 11 mètres) de haut est considérée par le Limca Book des records comme étant la plus haute porte en bois de l'Inde.


Comme toute porte de fort qui se respecte, elle présente des pics anti attaques d'éléphant

dans l'enceinte


Chambre ronde, minuscule, dont la plus grande surface est occupée par un lit  baldaquin. C'était la première fois que je dormais dans un lit comme ça, ça fait bizarre!

plafond de la chambre peint avec une finesse extrème

au matin, on comprend pourquoi le gazon est si beau!

Tout est fin, artistiquement parlant, des fenêtres en bois sculpté aux peintures murales


Et voilà, il va être temps de filer à l'aéroport, les vacances sont terminées, le bureau de vote de Bombay nous attend (en fait non, ils ne nous attendent pas!!!!) pour le premier tour des présidentielles....pas de temps à perdre!

Bilan de cette semaine :
Amritsar, à voir absolument! et pourquoi pas à revoir....
Dharamsala, vu une fois; je ne pense pas y retourner même si les paysages sont splendides et que ça valait le coup
Shimla: je voudrais y retourner mais plus longtemps, aller faire des balades dans la montagne, profiter mieux de l'ambiance de la ville
Chandigarh: c'était bof. A moins d'être fan d'art moderne ou de trucs bizarres, c'est pas vraiment intéressant.

les hôtels: choisir des "heritage hôtels"! le coût est vraiment modeste et le cadre, à chaque fois est splendide, c'est aussi un petit tour dans l'histoire du pays donc une autre manière de découvrir l'Inde

les trajets: globalement trop de voiture... mais c'est difficile en Inde de faire autrement vu les distances importantes entre deux endroits remarquables. ou alors, il faudrait être en vacances en permanence! et c'est pas notre cas .....

mercredi 16 mai 2012

Rock Garden

Dans notre guide, il était indiqué que le Rock Garden de Chandigarh est le deuxième site touristique le plus visité en Inde après le Taj Mahal. Donc il semblait normal d'aller jeter un œil puisqu'on était dans le coin.

Nek Chand, indien né au Pakistan, arrive avec sa famille dans le Punjab lors de la partition en 1947. En 1958, il a 34 ans et est responsable de la construction des routes de la nouvelle ville de Chandigarh. Tous les soirs, après le travail, il pédale sur sa bicyclette et rapporte , par centaines, des pierres qu'il trouve dans la campagne et qu'il sent dotées d'une âme. Par ailleurs, il récupère tous les déchets qui proviennent des démolitions des villages ayant été détruits pour construire la ville: fil de fer rouillé, tôle usagée, pièces détachées de bicyclettes, vieux matelas, prises électriques cassées, tuyaux abandonnés, bracelets brisés, bidons d'huile vides, etc... Avec les pierres et les déchets, il a la matière première nécessaire des sculptures qu'il va fabriquer dans un terrain vague, occupé illégalement. Il crée ainsi tout un peuple de dieux et de déesses, de personnages et animaux bizarres et multicolores, ayant une base de béton et recouverts de toute sorte de matériau.
En 1975, sa retraite est découverte par les autorités. Dans un premier temps, on lui ordonne de quitter les lieux et on commande la démolition, mais un responsable de la municipalité passe par là et a l'idée, au contraire, de récupérer tout ce bestiaire, d'en faire un parc légal, dont il charge Nek Chand de dessiner les plans et de le réaliser. On lui adjoint des centaines d'ouvriers pour qu'il produise encore plus de figurines et la municipalité finance le projet du Rock Garden qui ouvre en 1976.

C'est assez spécial, je vous y emmène faire un tour:


pierre en forme de monsieur à gros menton et gros sourcils

le circuit est matérialisé par des hauts murs de béton


mur fait de prises électriques cassées

et celui-ce de débris de vaisselle

et puis viennent tous les personnages bizarres, il y en a des milliers....








ces dames sont faites en bracelets brisés




cascades de béton, chutes d'eau

mur de matelas emplis de mortier

là, c'était assez joli: des mosaïques avec de jolis dessins, faites en débris de vaisselle

des paons en bracelets multicolores

mur en futs d'huile bétonnés

Tout cela sur une surface de 12 hectares, c'est énorme, gigantesque ...... et c'est très très visité en effet, mais uniquement par des indiens! Personnellement, je n'aurais pas appelé ça un jardin .... mais bon... chacun ses gouts!

Chandigarh

Un peu d'histoire:
En 1947, du fait de la partition de l'Inde, de grands bouleversements ont lieu dans les états du nord; le Punjab se retrouve divisé, une partie, dont la capitale Lahore, se trouvant alors dans l'actuel Pakistan et une autre partie restant indienne.S'est posée la question de la capitale. En attendant de trouver une solution, Shimla devient capitale provisoire du Punjab. Pour éviter de nouveaux conflits d'ordre religieux, politiques ou autres, Nehru renonce à élever au statut de capitale une ville préexistante, mais décide de construire une "ville nouvelle, symbole de la liberté de l'Inde libérée des traditions et du passé... qui soit une expression de la confiance de la Nation en son avenir."
Chandigarh signifie littéralement "le fort de Chandi", Chandi étant une déesse qui s'est coupé la tête pour donner son sang à boire à des yogis..... un peu glauque comme histoire, je vous l'accorde. Mais bon, elle est considérée comme étant une grande puissance cosmique aidant ceux qui veulent grandir vers le détachement de soi.... tout un symbole.


Pour construire cette ville nouvelle, Nehru fait appel à Le Corbusier, architecte franco-suisse bien connu,  qui s'était vu refuser ses projets similaires en France, à Rio, Alger ou Bogota. Dès lors, il travailla très vite; ce fut une caractéristique du projet Chandigarh, la brièveté d'élaboration des plans : 4 jours pour tracer et faire valider les premières études, quatre semaines pour réaliser un schéma directeur utilisable, le faire discuter et accepter par les autorités!

La ville est divisée en plusieurs secteurs, rectangles de 800 × 1200 mètres de côté, désignés par un numéro  (pas de numéro13). Elle est dotée d'un système de circulation très sophistiqué  visant à fluidifier le trafic et préserver les zones d'habitation de ses nuisances. Prévue pour 500 000 habitants, la ville en compte aujourd'hui près du double et est une des rares villes indiennes où il n'est pas trop difficile de circuler.


Mais le découpage-puzzle de l'Inde n'est pas fini puisqu'en 1966, le gouvernement indien crée l'État de l'Haryana qui est soustrait du Punjab, et en institue Chandigarh comme capitale. Chandigarh accueille donc les administrations des deux états. Curieusement, aujourd'hui, la ville est capitale des deux états mais n'appartient à aucun, elle a son territoire propre. Super bizarre.

Nous partons donc pour visiter Chandigarh. Sur la route, toujours de riches cultures céréalières...

 .... mais néanmoins, on retrouve des zones plus pauvres.
 

A un moment, nous étions arrêtés à un passage à niveau .... un bon quart d'heure, donc on a le temps de regarder autour de soi. Dans un grand terrain vague, en bord de voie ferrée, laidement décoré d'ordures en tout genre, une famille vit sous des bâches.

Une femme lave le linge

une petite fille la regarde faire

un petit garçon bricole je ne sais quoi



 le grand-père serfouette ce terrain qui semble pourtant bien aride.....

Quelle vie ont ces pauvres gens......

..... mais ce qui me "révolte" le plus, c'est qu'à moins de deux minutes de là, un riche nabab se fait construire un nouveau palais. N'aurait-il pas deux ou trois chambres de libres pour ces gens là?
 c'est l'Inde, dans toute sa complexité, son paradoxe et sa dureté.


A un autre moment, sur un énoooooooorme rond point, sous un arbre, deux policiers font la papote, tranquillou, un sac contenant leur encas pendu à une branche.... c'est vrai qu'ils n'ont pas grand chose à faire pour régler le trafic!

Et nous entrons dans Chandigarh ..... sommes nous réellement en Inde? j'ai du mal à le croire en voyant les maisons,


la circulation fluide, les trottoirs,

les carrefours dotés de feux tricolores, qui marchent.... les voitures sagement arrêtées au feu rouge, en ordre,

heureusement, il y a des autorickshaws, des vélorickshaws..... ouf, c'est quand même un peu l'Inde!


Mais en entrant dans le secteur 17, centre culturel et administratif de la ville, on est saisi par le côté occidental, les grandes enseignes .... Lacoste, Louis Philippe, Benetton.....


mais tout de même des vendeurs de trois fois rien

 

sur la grande place centrale, il y a les badauds, les gens assis qui discutent pour passer le temps, très peu de touristes 

 des sud-coréens "offrant" leur service pour soigner par l'énergie Won-Ki; c'est anti-douleur, ça traite toutes les maladies et grâce à elle, on retrouve la santé et l'énergie vitale. C'est cool ;) , mais surtout n'oubliez pas de remplir la boite à donation!

et puis un concert se prépare pour le soir.... vu la taille des hauts-parleurs et la facilité qu'ils ont à mettre le son au maximum, sauve qui peuuuuuuuuuuuuuuuut......