Un peu d'histoire:
En 1947, du fait de la partition de l'Inde, de grands bouleversements ont lieu dans les états du nord; le Punjab se retrouve divisé, une partie, dont la capitale Lahore, se trouvant alors dans l'actuel Pakistan et une autre partie restant indienne.S'est posée la question de la capitale. En attendant de trouver une solution, Shimla devient capitale
provisoire du Punjab. Pour éviter de nouveaux conflits d'ordre religieux, politiques ou autres, Nehru renonce à élever au statut de capitale une ville préexistante, mais décide de construire une
"ville
nouvelle, symbole de la liberté de l'Inde libérée des traditions et du
passé... qui soit une expression de la confiance de la Nation en son
avenir."
Chandigarh signifie littéralement "le fort de Chandi", Chandi étant une déesse qui s'est coupé la tête pour donner son sang à boire à des yogis..... un peu glauque comme histoire, je vous l'accorde. Mais bon, elle est considérée comme étant une grande puissance cosmique aidant ceux qui veulent grandir vers le détachement de soi.... tout un symbole.
Pour construire cette ville nouvelle, Nehru fait appel à Le Corbusier, architecte franco-suisse bien connu, qui s'était vu refuser ses projets similaires en France, à Rio, Alger ou Bogota. Dès lors, il travailla très vite; ce fut une caractéristique du projet Chandigarh, la brièveté d'élaboration des plans : 4 jours pour tracer et faire valider les premières études,
quatre semaines pour réaliser un schéma directeur utilisable, le faire discuter et
accepter par les autorités!
La ville est divisée en plusieurs secteurs,
rectangles de 800 × 1200 mètres de côté, désignés par un numéro (pas de numéro13). Elle est dotée d'un système de circulation très sophistiqué visant à fluidifier le trafic et préserver les zones d'habitation
de ses nuisances. Prévue pour 500 000 habitants, la ville en compte
aujourd'hui près du double et est une des rares villes indiennes où il
n'est pas trop difficile de circuler.
Mais le découpage-puzzle de l'Inde n'est pas fini puisqu'en 1966, le
gouvernement indien crée l'État de l'Haryana qui est
soustrait du Punjab, et en institue Chandigarh comme capitale.
Chandigarh
accueille donc les administrations des deux états. Curieusement,
aujourd'hui, la ville est capitale des deux états mais n'appartient à
aucun, elle a son territoire propre. Super bizarre.
Nous partons donc pour visiter Chandigarh. Sur la route, toujours de riches cultures céréalières...
.... mais néanmoins, on retrouve des zones plus pauvres.
A un moment, nous étions arrêtés à un passage à niveau .... un bon quart d'heure, donc on a le temps de regarder autour de soi. Dans un grand terrain vague, en bord de voie ferrée, laidement décoré d'ordures en tout genre, une famille vit sous des bâches.
Une femme lave le linge
une petite fille la regarde faire
un petit garçon bricole je ne sais quoi
le grand-père serfouette ce terrain qui semble pourtant bien aride.....
Quelle vie ont ces pauvres gens......
..... mais ce qui me "révolte" le plus, c'est qu'à moins de deux minutes de là, un riche nabab se fait construire un nouveau palais. N'aurait-il pas deux ou trois chambres de libres pour ces gens là?
c'est l'Inde, dans toute sa complexité, son paradoxe et sa dureté.

A un autre moment, sur un énoooooooorme rond point, sous un arbre, deux policiers font la papote, tranquillou, un sac contenant leur encas pendu à une branche.... c'est vrai qu'ils n'ont pas grand chose à faire pour régler le trafic!
Et nous entrons dans Chandigarh ..... sommes nous réellement en Inde? j'ai du mal à le croire en voyant les maisons,
la circulation fluide, les trottoirs,
les carrefours dotés de feux tricolores, qui marchent.... les voitures sagement arrêtées au feu rouge, en ordre,
heureusement, il y a des autorickshaws, des vélorickshaws..... ouf, c'est quand même un peu l'Inde!
Mais en entrant dans le secteur 17, centre culturel et administratif de la ville, on est saisi par le côté occidental, les grandes enseignes .... Lacoste, Louis Philippe, Benetton.....
mais tout de même des vendeurs de trois fois rien
sur la grande place centrale, il y a les badauds, les gens assis qui discutent pour passer le temps, très peu de touristes
des sud-coréens "offrant" leur service pour soigner par l'énergie Won-Ki; c'est anti-douleur, ça traite toutes les maladies et grâce à elle, on retrouve la santé et l'énergie vitale. C'est cool ;) , mais surtout n'oubliez pas de remplir la boite à donation!
et puis un concert se prépare pour le soir.... vu la taille des hauts-parleurs et la facilité qu'ils ont à mettre le son au maximum, sauve qui peuuuuuuuuuuuuuuuut......