dimanche 31 mars 2013

Saint Thomas basilique


Donc, premier soir, à peine arrivés, on file à St Thomas. C'était le Jeudi Saint et l'église est archi bondée. On arrive après l'homélie donc pour la messe, c'est fichu; tant pis, ce n'est que partie remise. En attendant on va au tombeau et au musée.

Construite en 1504 par les portugais et reconstruite en 1893 par les anglais, cette immense cathédrale, dont la flèche culmine à plus de 50 m, a été élevée le 16 mars (une bonne date!) 1956 au rang de basilique.


 Comme je disais plus haut, on est arrivé au milieu de la messe. Et bien, on a vu un truc rigolo: derrière le chœur, à l'extérieur, des longues tables sur lesquelles des ornements bien alignés..... des dizaines et des dizaines... on ne comprenait pas trop. Et puis des prêtres en aube blanche.... des dizaines et des dizaines.... entre 60 et 100..... ils papotaient tous dehors. Et tout à coup, ils sont rentrés par la porte (derrière moi), en ressortaient de l'autre côté, prenaient un petit lot d'ornements et hop, en file indienne pour entrer dans l'église au moment de la consécration.... super bien organisés!

Vous voyez à droite de la basilique, comme un grand bâton de plusieurs mètres de haut, c'est le "pole of Thomas", ou encore le bâton de St Thomas. Selon la croyance locale, il fut taillé dans l'énorme fût retiré de l'embouchure de la rivière et érigé là par St Thomas lui-même, comme un repère pour que jamais la mer n'empiète sur le rivage à cet endroit.
Lors du tsunami de décembre 2004, la mer épargna la zone située derrière la basilique, sauvant ainsi des milliers de gens.
Du tsunami, nous en entendons parler beaucoup depuis une semaine que nous sommes dans le Tamil Nadu..... ce fut une horreur même si la vague n'avait que 10 m de haut, contrairement aux côtes de Thaïlande. Mais je vous en reparlerai plus tard.....
  La nef, longue de 35 mètres sur un peu plus de 10. Le chœur, 19 sur 10...... c'est assez grand!

Allez, on entre.... car nous sommes revenus le lendemain

Le plafond vouté du chœur est recouvert de  bois. De part et d'autre, les statues de St François Xavier à droite et de St Jean de Britto à gauche.

 St François Xavier, on s'en souvient, fut un jésuite, évangélisateur de l'Inde et d'Extrème-Orient. Son corps est à Goa. 
 Et Saint Jean de Britto, jésuite aussi, portugais, évangélisa la côte de Coromandel et y mourut en martyr.

Au fond du chœur, juste devant le maître-autel, une immense statue du Christ, prêtre, prophète et roi.
Prêtre, ça on le voit par les ornements. Prophète: les paons et le lotus sont les symboles orientaux de la prophétie. Roi: la couronne.
Par ailleurs, les paons sont également un symbole de Résurrection. Enfin, Mylapore, le nom du village à l'époque de l'arrivée des portugais veut dire: "cité des paons"..... donc on ne pouvait pas les oublier!

 Au dessus et derrière le Maître-Autel, un majestueux vitrail représentant Thomas mettant ses mains dans les plaies de Jésus. Ouvrage de Maître Mayer à Munich, il fut installé lors de la construction-restauration de 1896.
Là, un truc étonnant: en regardant la statue de St Thomas, je remarque cet espèce d'ouvrage de bois sculpté en hauteur. Je demande à Anthony, un chauffeur de rickshaw qui gentiment me donne des explications sur la cathédrale. Il parait qu'avant il y avait une chaire ici, très haute; mais elle est tombée en décrépitude (termites?) on l'a enlevée et seul son chapiteau est resté.


A droite du chœur, dans le transept Est, la statue de Notre Dame de Mylapore, appelée aussi Mylai Madha. Toute de bois sculptée, elle mesure 3 pieds de haut, soit environ 90 cm. Elle arriva en Inde avec le frère Gaspar Coelho, prêtre portugais, en 1543.
En 1545, St François Xavier resta 4 mois auprès de la tombe de St Thomas, avec cette statue à ses côtés, la priant toutes les nuits afin de l'éclairer sur la suite de sa mission: Extrême Orient ou pas..... il y partit.
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Au dessus de la statue, une fresque représentant l'Assomption.

Jean Paul II vint se recueillir longuement ici, devant ND de Mylapore en février 1986.

Anthony m'emmena en dehors de la cathédrale, pour me montrer un petit kiosque, entièrement vitré. A l'intérieur, une autre statue de Marie, Notre Dame de Mylapore  également.
Cette statue, toute en bois, est habillée d'un sari et tous les jours, le sari est changé et on lui en met un nouveau, don de fidèles.
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Il me raconte qu'il suffit de prier sincèrement ici quelques minutes pour obtenir toutes les grâces qu'on veut, en lisant la prière qui se trouve derrière la statue. Je vous mets la version anglaise, ce sera plus facile que le tamoul!
Alors que j'étais là, justement, arrive le gars-jules chargé de changer le sari, et un couple qui apporte le sari du jour. J'ai donc pu assister au "deshabillage-rhabillage" . j'étais estomaquée de voir avec quelle délicatesse et quel soin il faisait ça. Il faut vous expliquer qu'un sari, c'est une pièce de tissu de 6 mètres sur 1,20, un très très long rectangle donc. Et déjà, s'en vêtir quand on fait 1,60 ou 1,70 m, c'est pas facile, alors imaginez comme c'est encore moins simple quand la statue fait à peine un mètre de haut et qu'elle a les mains jointes.
Fortiche le gars-jules!! Marie est splendide dans son nouveau sari bleu!

Et pendant que je continuais ma balade, il en est un qui s'amusait bien à conduire un rickshaw!
Attention, chauffeur fou dingue!!!!

jeudi 28 mars 2013

Chennai

Nous profitons des dernières vacances de l'année scolaire pour découvrir une autre partie de l'Inde que nous ne connaissons pas.
Ayant décollés mardi après midi de Pune, nous sommes arrivés une heure et demi plus tard à Chennai, appelée pendant des siècles, Madras. C'est dans le Tamil Nadu, l'état le plus au sud-est. Là-bas, on ne parle pas hindi mais tamoul.

Premières impressions en arrivant:
c'est propre, les trottoirs sont des vrais trottoirs, pas de chiens errants, pas de mendiants partout, les gens sont bien habillés et nets, les voitures sont quasi neuves, les rickshaws sont splendides, la circulation circule, les klaxons ne klaxonnent pas ou peu, il semble qu'il y ait un code de la route et qu'en plus il soit respecté...... bref, quel changement avec Pune!

 En plus, il y a la mer! de notre chambre d’hôtel, on entend les sirènes des bâtiments passant au large, et de ceux qui quittent le port. Par contre, il fait chauuuuuuuuuuuuuuuud.... chaud et humide!

Un peu d'histoire? C'est toujours mieux quand on visite, de savoir où on va mettre les pieds, vous ne croyez pas?

Chennai, Madras ou Madraspattinam ....plusieurs noms pour une même ville. Mylapore, Egmore, Georgetown, Triplicane, Fort St Georges, .... plusieurs quartiers qui font la ville, car en effet, celle ci, au fil des siècles s'est agrandie en intégrant petit à petit les villages alentour.

Les portugais arrivèrent au tout début du XV° siècle dans le petit village de Mylapore. En 1640, les anglais débarquent un peu plus au nord, à peine 6 kms, dans le village de Madraspattinam et montent à la hâte un petit fortin qui défendra quelques dizaines de huttes. C'est la naissance de Madras. Petit à petit, le modeste comptoir anglais va devenir de plus en plus important; ce sera une vraie colonie, officielle, soutenue par la couronne et donc, exit les portugais qui seront chassés à la fin du XVII°.


Puis, il fallait bien que les français viennent mettre leur nez par ici.... donc les voilà qui voguent; depuis le comptoir voisin de Pondichéry et, sous la houlette de La Bourdonnais, viennent s'emparer de Madras. Inutile de dire que les anglais, de rouges, deviennent verts ! Seulement voilà, le traité d’Amiens, en 1748, prévoit la restitution de la ville aux anglois…… Madras ne fut donc pas française très longtemps mais suffisamment pour que le mot soit devenu courant. En effet, les étoffes colorées que les belles antillaises nouaient autour de leurs cheveux étaient tissées et importées de la côte de Coromandel et acquirent ainsi l’appellation « madras ». Les bateaux chargés de rallier les diverses colonies en faisaient le négoce dès le XVIII° siècle.

Une nouvelle flotte française essaya de reprendre la ville quelques années plus tard, mais, pas de bol, une flotte anglaise arriva à la rescousse et ils durent se retirer.
Donc, en clair, Madras resta anglaise!
Ils obtinrent même du roi local de pouvoir annexer aussi les petits villages alentour : Mylapore, Egmore, Triplicane, ..... A la mort du roi de Mysore, un des plus importants maharajah  local ayant assez de puissance pour tenir tête aux anglais, ceux-ci mirent sur le trône un enfant de trois ans, s'assurant ainsi un contrôle total de l'Inde du Sud  et, finalement, Madras, devint la capitale de cette Inde du Sud.
Puis, l'histoire connue: l'indépendance, exit les anglois .... et en 1996, le grand chambardement des noms de villes. Bombay devient Mumbai, Poona devient Pune, Calcutta devient Kolkata, Bénarès devient Varanasi et Madras devient Chennai (du nom du roi Chennappa).

Et nous y voilà!

J'ai fait commencé l'histoire au 16° siècle, et bien .... ahahah, c'était un piège! Et oui, car l'importance de Madras, ou plutôt de Mylapore, petit village au sud de Fort Saint Georges, est devenu évidente dès 52 après JC. Je suis sûre que vous ne savez pas pourquoi...... mais nous, on savait et la première étape de notre arrêt ici fut pour aller, justement, sur la tombe Saint Thomas.
 Oui, oui, le St Thomas apôtre de Jésus, celui qui n'a pas voulu croire sans voir! Il a débarqué à Mailepuram, ancien nom de Mylapore en 52 après avoir d'abord accosté sur la côte de Malabar, dans l'actuel Kerala où il fonda une église chrétienne de rite syriaque, qui existe encore. Arrivant donc sur la côte de Coromandel, il commence très fort: un énorme tronc bloquait l'embouchure de la rivière. Il était si gros que même des éléphants ne pouvaient le bouger et ça entrainait des inondations terribles. Le roi Mahadevan entendit parler d'un saint homme qui, paraissait-il faisait des miracles. Il l'envoie chercher. Saint Thomas, c'est lui, arrive donc et touche le tronc avec sa ceinture. Dès lors, un homme, seul, tira le fût hors de l'eau, libérant le flux vers l'océan. Le roi, abasourdi, lui donna donc le fût, ainsi qu'une parcelle de terrain en l'autorisant à construire une chapelle dessus.

La ceinture..... ça vous intéresse de savoir pourquoi la ceinture? Et bien, c'est incroyable ..... c'est la ceinture de Marie, la Vierge Marie elle même. Elle l'aurait donnée à saint Thomas au moment de son Assomption. Bon, mais je m'arrête là parce que je pourrais vous en raconter encore sur la ceinture, c'est passionnant!
Donc le bon Saint Thomas s'installe dans ce petit coin de paradis, il construit sa chapelle en utilisant l'énorme fût de bois, évangélise à tour de bras. Il aime aller méditer sur une colline à une dizaine de kms, dans une grotte. On y voit encore l'empreinte de ses doigts enfoncée dans la roche. Là, des gens venaient l'écouter prêcher. Un jour qu'ils avaient soif, (je les comprends, on boit des litres, ici!), il a fait jaillir une source. Elle existe encore et aurait des vertus miraculeuses.

Mais s'il était protégé du roi, il était détesté de certains des ministres. C'est ainsi qu'un jour, alors qu'il priait dans "sa" grotte, il fut tué d'un coup de lance dans le dos, en 72.
Le peuple le pleura et lui fit un tombeau dans la chapelle construite à Mylapore.

En l'an 262, on ouvrit son cercueil pour emmener ses restes à Edesse, mais on s'aperçut qu'il était encore bien conservé, 200 ans plus tard..... On garda des reliques ici, avec la pointe de la lance qui le tua.
Au X° siècle, des chrétiens de Perse vinrent et construisirent une plus grande église au dessus de sa tombe. Au XVI°, ce furent les portugais qui remplacèrent l'église préexistante, et construisirent un petit fort autour pour la protéger. Mais la basilique que l'on visite aujourd'hui a été construite en 1896, par les Anglais.

Allez, je vous y emmène: vous voyez la flèche blanche au loin, en plein milieu devant la mer? Et bien c'est là!


Magnifique basilique.

Je vous y ferai entrer demain ou après-demain, quand j'aurais à nouveau internet, d'ac? parce que là, je suis fatiguée donc je vais dormir.....

lundi 25 mars 2013

Pause musique

Depuis quelques temps, on parlait ici un peu plus que de coutume de répèt de chorale, n'est-ce pas? Et ce n'était pas pour rien puisque samedi après midi, c'était the concert.

Étant limitée à des vidéos de 100Mo, je suis obligée de faire des tas de manip pour réduire la taille et malgré ça, vous aurez le concert en trois parties. Concert de musique sacrée pour l'entrée en Semaine Sainte.

Une congrégation de religieuses nous ouvrait les portes de sa chapelle. Implantée à Pune depuis 1842, issue de la grande œuvre de Sainte Claudine Thevenet, cette congrégation des soeurs de Marie et Jésus tiennent une école de grand renom.


Pour la petite histoire, le dress-code des femmes, c'était salwar et kurta blancs, dupatta de couleur pastel et chaussures noires. Et pour les hommes, chemise blanche, pantalon noir et chaussures noires.

Pour rigoler, Guillaume voulait venir en pantalon blanc et chemise noire...... faut dire que notre chef de choeur est une dame un peu dragon et qu'elle nous a bien enquiquinés ces derniers temps avec ses crises de mauvaise humeur et d’autoritarisme..... Bon, finalement, il y est allé dans les bonnes couleurs

Par contre, je n'ai pas de chaussures noires et il n'était pas question que j'en achète pour l'occas parce que je ne les aurais jamais remises alors, après avoir essayé les chaussures de mes copines de la chorale et constaté qu'aucune n'avait des pieds de la même taille que moi, je suis venue avec mes sandales blanches, du scotch et un marqueur noir et dans le silence de la sacristie avant le début du concert, j'ai scotché les lanières de mes sandales et ensuite, me suis appliquée à les colorier au marqueur. Personne dans l'assemblée ne l'a remarqué! Mes copines étaient bien sûr écroulées de rire, et madame dragon , si elle l'a vu, a fait semblant de rien .....

Vous pouvez constater que le monsieur devant Etienne prend une place folle sur l'écran...... tant pis, yaka écouter!

Au début du concert, la chapelle était pleine aux deux-tiers et en moins de cinq minutes, c'était archi comble.


Après avoir bataillé quelques heures, je reçois un email d'une copine de la chorale qui me donne un lien you tube..... qualité bien meilleure à priori.....mais ce sont juste des extraits
http://www.youtube.com/watch?v=YZUSkpGACiI&list=PL0qTR0MxBvrI165VDhnbVUz-xU7X1RsO0&index=1

Après le concert, on avait prévu de se retrouver avec quelques uns à la maison pour une soirée diner français. Parmi eux, un jeune allemand, musicien professionnel qui s'est fait viré de la chorale parce qu'il avait osé organiser, pour donner un coup de pouce dans les partitions difficiles, une répétition des hommes chez lui sans en parler à dame dragon.
Évidemment, dans ces cas, une solidarité anti injustice se créée très vite!



Donc on a rempli le frigo de bière, on a sorti les saucissons et les camemberts du congélo..... et quiches lorraines, lasagnes bolognaises, taboulé, gâteau au chocolat, sorbet à la fraise, tarte aux pommes, gâteau aux poires ......
Ils ont beaucoup beaucoup beaucoup aimé !
Et la soirée a continué  ..... en musique, comme on pouvait s'en douter....

samedi 23 mars 2013

cuisine ..... ingrédients les plus courants

Parmi les produits de base de la nourriture indienne, on ne peut pas louper le riz, les pommes des terre, les lentilles et les oignons. Ils sont incontournables.

Le riz .... autrefois, on cultivait diverses sortes de riz, selon les régions et les climats. Ces riz, bruns, noirs ou rouges se mangeaient le plus souvent complets, avec le son.
  
 

  Mais de part l'influence occidentale, les indiens se sont, de plus en plus, et quasi exclusivement maintenant, tournés vers le riz basmati, beaucoup moins riche en nutriments essentiels. Malheureusement, le riz basmati n'est pas fait pour le climat ni les sols indiens et donc il se cultive à grand renfort de pesticides et d'engrais......
 Ce n'est que très récemment (moins de 10 ans) que l'Inde commence à avoir une idée de la culture bio, ou tout au moins, plus respectueuse de l'environnement et de la santé publique. Donc on commence, mais ce n'est qu'un tout léger début, à voir germer des riz sans produits nocifs, on commence à voir fleurir les paquets de riz-bio dans les magasins (enfin, il faut bien chercher!!!)....

Servi à presque tous les repas, il entre dans la composition de nombreuses recettes, y compris sous forme de farine de riz dont on fait les idlis ou les dosas.
idli

dosa
Évidemment , c'est aussi l'aliment de base du biryani, mais on en reparlera.......



La pomme de terre (aloo), bien qu'originaire d'Amérique du Sud, est devenue un produit de base. Elle est présente à tous les repas; aloo bhaji (purée de pommes de terre aux épices, évidemment), ou le masala dosa .... un dosa fourrée de pommes de terre épicées..... c'est toujours ce que prend Guillaume quand on va manger indien. Quel que soit le cari, il y a presque toujours des pommes de terre dedans.

Les lentilles, on appelle ça couramment selon le nom indien, le dhal. Bien entendu, on trouve toute sorte de dhal, mais les plus utilisés sont les Masoor Dhal que l'on pourrait assimiler aux lentilles corail de chez nous. Le dhal est très riche en fer et c'est pourquoi c'est très utilisé dans la cuisine végétarienne. Présent également à tous les repas, c'est servi dans un petit bol car sous forme de soupe ou de purée très fluide.

Les oignons font également partie des ingrédients de base. C'est même tellement important que le prix des oignons fait partie des critères de l'économie.  C'est ainsi qu'en 1980 et en 1998, les gouvernements de l'état de New Delhi ont été renversés du fait d'une inflation ahurissante du prix des oignons. Je me souviens aussi il y a deux ans, comme les gens étaient inquiets car le temps anormalement humide faisait moisir les oignons et donc le prix commençait à grimper de façon vertigineuse.
On les mange crus, en rondelles, en début de repas, parfois préalablement macérés dans du vinaigre. Mais ils entrent également dans la composition de quasiment tous les plats cuits. Si l'oignon rouge est le plus courant, on trouve néanmoins de nombreuses autres sortes. 

Viennent ensuite tous les légumes.
Une des réunions de l'Indian Culture Club dont je fais partie, était sur la cuisine indienne. La femme qui nous parlait est une des spécialistes de la cuisine indienne. D'ailleurs son blog est une référence bien connue par ici (thecookscottage.com). Elle nous disait qu'avant 1960, on ne trouvait pas de légumes occidentaux mais uniquement des légumes rigolos, encore en bonne place sur les étalages de marché. Je vous en mets quelques uns....
 
Le ach gourd, gros comme un très gros melon


 le bhindi, ou aussi appelé ladies-finger, peut être appelé ainsi car les femmes lèvent l'index pour dire à leur mari de rentrer à l'heure pour le repas.... ?

et puis, toujours dans la famille des gourds, 

 le karela, très amer

les thonlis piquants ....
 et les thonlis lisses, de la taille de petits cornichons

le ridge gourd

le snake gourd, ainsi appelé car il ressemble à un serpent et mesure environ 70 cm de long tout en pouvant aller bien au delà du mètre

Et puis les carottes, très longues, pas moins de 40 cms, très fines, rouges et sucrées, les épinards,  les tomates, qu'ils achètent vertes, ou bien les fleurs de bananier.....

Tout ces légumes sont encore bien utilisés dans la cuisine traditionnelle, mais néanmoins, les aubergines, choux verts et choux fleurs, les poivrons, haricots verts, petits pois .... font désormais partie des ingrédients courants, ainsi que les concombres et courgettes, ces derniers pourtant très différents des nôtres

Sur la photo ci-dessous, à droite au premier plan, des citrouilles, petit format et juste à gauche, un peu en retrait, des ach gourds, en dessous desquels ail, citrons et piments verts

Là, au premier plan à droite, ce sont les patates douces, à gauche des tubercules dont je ne sais pas le nom et à droite, en arrière, des sortes de radis noirs. Au dessus, des concombres. Les concombres font maximum 15 cm de long, leur chair est très jaune.

Premier plan à gauche, les concombres et à leur droite, les carottes. Encore à droite, je ne sais pas..... bien trop gros pour des citrons (les citrons ici ont la taille de nos citrons verts) et comme c'est un marchand de légumes et non de fruits, ce ne sont pas des oranges.... donc je ne sais pas....

Les fruits ne sont pas seulement des desserts.
Par exemple, la mangue verte se mange en salade ou parfume les ragouts de viande ou alors entre dans la composition de chutneys.
La figue verte aussi est utilisée dans les plats en sauce.
La noix de coco  est très utilisée, surtout dans le sud. On trouve même du lait de coco en poudre (à ne pas confondre avec de la poudre de noix de coco), c'est super pratique!

Les fruits secs comme les cacahuètes, amandes ou noix de cajou sont pilés et ajoutés aux préparations comme une épice.

Le citron a la taille du citron vert, mais il est jaune et sa saveur est très intense. On récupère, d'un citron indien, environ 1/3 de la quantité de jus obtenu avec un citron européen, mais par contre, une demi cuiller à café de jus suffit pour donner la même intensité de gout à un plat qu'une grosse cuiller à soupe de jus européen. Le citron est très utilisé. On peut le manger en rondelle en début de repas, mais il sert aussi beaucoup à diminuer l'intensité du piment. Si ce qu'on vous sert est trop hot, alors pressez du citron dessus et ça deviendra déjà plus facile à manger.

Point de repas sans pain. mais quand je dis pain, n'imaginez pas de baguette ni même de pain de mie ..... le pain de mie, c'est pour les zéstrangers ! Le terme générique de pain, c'est "roti". donc si l'on vous demande ce que vous voulez comme roti, n'imaginez pas voir arriver un rumsteak bien saignant!
Chapatis, naans, parathas, appams, bathuras, dosas ...... voilà de quoi vous régaler.
Ma préférence, et de loin, va aux parathas, délicieuses galettes feuilletées...... yummi !
paratha

Les plus fréquents sont les chapatis, galette d'eau et de farine complète, cuites sur une plaque chaude.
chapati

 Les naans, quant à eux sont cuits dans un tandoor donc pas possible d'en faire à la maison .... et pourtant, c'est bon !!!!!

Les produits laitiers sont eux aussi des éléments essentiels de la cuisine indienne. Le lait est dans la grande majorité des cas du lait de bufflonne, plus riche en protéines. Le dahi, nom indien du yaourt, contrebalance les plats épicés donc tous les repas ont au moins un plat à base de dahi, telle la raita, mélange de yaourt, concombre, citron, éventuellement tomate et menthe....
raita
Le paneer, fromage frais non fermenté est un ingrédient de base de la cuisine végétarienne indienne.
Le plat le plus réputé (et celui que je prends toujours quand on va "manger indien"), c'est le Palaak Paneer .... hummmm, c'est délicieux! Ce sont des cubes de paneer légèrement dorés à la poêle puis cuits dans des épinards . Sans blague, c'est archi délicieux!!!

Enfin, pour les non-veg, les poissons sont très variés, et, ce qui est assez déroutant quand on arrive au marché pour la première fois, c'est qu'aucun ne ressemble à ce qu'on trouve chez nous. Les noms sont différents, les tronches des bestiaux aussi.... donc on essaie à l'aveuglette et on apprend petit à petit quels sont les meilleurs. Nos préférés: le pomfret, le kingfish, et ceux surnommés "saumon indien" ou "dorade indienne" parce que leurs noms sont imprononçables et qu'ils ont un air de famille lointain avec leurs cousins des mers du Nord. Et puis des calamars de toute taille, des crabes de toutes les couleurs, des coquillages de toute forme.....

Tous ces produits de la mer sont cuits en sauce, comme d'ailleurs quasiment toute la cuisine indienne puisqu'ils n'ont pas de four ni de grill.


Et pour finir, la viande. Les bouchers sont des musulmans dans 95% des cas. Bien sûr, le poulet arrive en tête des ventes,
puis l'agneau

et pour finir, le bœuf.

Ici, point de veau, jamais! Parfois, on peut trouver du canard mais ce n'est pas facile. Quant au porc, il faut chercher avec soin les deux trois vendeurs de cochon de la ville (des chrétiens évidemment!).

Bon, et bien, vous allez pouvoir aller au marché et faire vos emplettes avant de passer au chapitre suivant, celui des épices......
Des questions avant d'aller plus loin?