Le 19 octobre dernier, je quittais Pune pour rejoindre les zhommes à Bombay où ils avaient à faire depuis deux jours. Valises remplies pour un départ en vacances programmé depuis que Juliette nous avait dit cet été vouloir nous retrouver au moment des vacances de Toussaint. Les niortais se sont ralliés à l'idée d'une virée indienne et c'est ainsi que nous avons préparé notre voyage au Rajasthan.
Une chambre d’hôtel au dessus de la plage à Bombay.... vue assez extraordinaire pour l'immortaliser!
Comme certains savent, mon horloge biologique me réveille dès potron minet tous les matins, et ce matin-là, j'ai été bien surprise de découvrir qu'à 6 heures du mat, la plage est déjà bien utilisée.... l'on y prend son petit-déjeuner, l'on y pratique son yoga matinal, l'on fait un ptit footing, .....
.... ou simplement l'on pêche ....
Le 20 au matin, on réceptionne avec joie les niortais, pas encore au complet malheureusement. Ils sont alors heureux de profiter d'un bon petit-déjeuner.
Mais ce qui leur plaira le plus, c'est la journée récupération au bord ou dans la piscine.....
Et dans la nuit qui suit, les chartrains débarquent aussi. Comme notre avion n'est prévu qu'en début d'après-midi, le petit rafraichissement s'impose également pour eux!
Et voici les trois "petits" qui nous accompagneront durant notre périple.
Départ pour l'aéroport ... Tama se met bien vite aux us indiens!
Mais n'ayant pas de choix de compagnie aérienne sur la destination d'Udaipur, les ennuis commencent ... vol retardé sine die. On s'organise..
chacun son truc pour tromper l'ennui....
Quant à moi, je continuais à écrire l'histoire de Sawai Jai .....
Puis décollage, enfin ! Survol des bidonvilles qui longent les pistes.
Survol de Bombay en est-ouest,
avant de virer vers le nord-est.
Après avoir raconté aux garçons le premier épisode de l'histoire de Sawai Jai, un petit repos semble nécessaire à ma gauche.
Et c'est le survol du sud du Rajasthan.... aridité ..... c'est le premier mot qui vient à l'esprit en jetant un œil par le hublot ....
Par contre, en posant le pied à Udaipur, les premiers mots seraient: propreté, organisation, calme.
Nous arrivons à l’hôtel trois heures après ce qui était prévu, et donc ne ferons pas la balade sur le lac comme nous l'imaginions. Notre hôtel est vraiment bien placé ! Que ce soit depuis la terrasse ou depuis les chambres, le lac est notre panorama ! Grandiose!
Tournons les yeux vers la gauche, nous sommes juste en dessous du palais royal, magnifique!
Habitant non comptabilisé dans le dernier recensement !
Un hôtel vraiment accueillant! C'est une ancienne haveli, complètement tarabiscotée, avec des escaliers par-ci, des balcons par-là, des passages à droite, et des couloirs à gauche..... de quoi se perdre! Mais arrangé avec beaucoup de goût, on s'y perd avec joie !
Je ne saurai même pas dire combien il a d'étages ..... pas d’ascenseur, ce serait impossible vu la configuration des lieux.
Nous prenons un verre sur la terrasse alors que le soleil se couche, et que les lampes s'éclairent un peu partout aux alentours.
Et un dîner dans la maison voisine, beaucoup de charme ici aussi !
Vous avez lu plus haut que je parle de Sawai Jai. Qui est-ce?
Compte tenu du jeune âge de deux de nos voyageurs, j'ai imaginé leur faire faire ce tour en leur racontant l'histoire d'un petit garçon. L'idée était de leur lire un épisode tous les soirs, épisode qui permettrait d'anticiper sur les visites du lendemain afin de les intéresser différemment.
Je vous propose de vous raconter, à vous aussi, notre voyage, en utilisant l'histoire de Sawai Jai. Retrouvez votre âme d'enfant et laissez-vous guider au pays des rajahs. Voici le premier épisode, celui que j'ai raconté dans l'avion.
Il
était une fois, un petit garçon qui s’appelait Sawai Jai. Il avait 10 ans et
habitait la belle ville de Jaipur, une ville que l’on situe aujourd’hui en
Inde, dans l’état du Rajasthan.
A
l’époque où vivait Sawai Jai, l’Inde n’existait pas mais c’était une mosaïque
de petits royaumes, chacun dirigé par un roi, le rajah. Le Rajasthan ,
« pays des rois », est l’état indien qui rassemble tous les anciens
petits royaumes des rajahs.
Revenons
au petit Sawai Jai. C’était un petit garçon comme les autres : pas
toujours sage, pas toujours obéissant, pas toujours raisonnable mais gentil,
facétieux, curieux, joueur et toujours rêveur.
Sawai
Jai habitait le palais du rajah. Il n’allait pas à l’école mais un précepteur,
c’est à dire un professeur, venait juste pour lui, tous les jours au palais. Ce
professeur, Mr Singh, était un vrai savant, et Sawai Jai était toujours ébloui
de découvrir tout ce que son professeur connaissait. Il l’écoutait parler de l’histoire de son pays, des
royaumes voisins, des animaux de son pays, des coutumes et tant de choses
passionnantes…..
Sawai
Jai était le prince, le fils du rajah de Jaipur, de la grande famille des Rajput.
Voilà
pourquoi il ne sortait pas du palais, pourquoi il n’allait pas à l’école avec
les autres garçons, pourquoi Mr Singh était la personne avec laquelle il
passait le plus de temps. Ceci dit, il était rarement seul puisque tous les
serviteurs du palais étaient aux petits soins pour lui et cherchaient à
satisfaire le moindre de ses envies.
Mais
le soir, le petit Sawai Jai partait, au coucher du soleil, il montait tout en
haut des remparts et là, regardait et rêvait …..
Il
regardait le royaume de son papa, il regardait les gens qui rentraient en ville
après une journée de travail, il regardait les éléphants qui revenaient de leur
journée de labeur. Tout le jour, ils avaient tiré des lourdes charges, et le
soir, ils attendaient de retrouver leur écurie pour prendre un repos bien
mérité.
Sawai
Jai aimait les éléphants. Parfois, il montait sur le sien, il l’avait eu pour
son dixième anniversaire, mais il n’avait pas le droit de monter sur son cou
comme son cornac, il devait rester sur le howdah.
Sawai
Jai avait un secret….. il ne voulait pas devenir rajah comme son papa, il
voulait devenir cornac !
Hier,
il l’avait dit à son précepteur qui était parti d’un grand éclat de rire. Mais
ce matin, quand il l’a dit à son papa, celui-ci est devenu tout rouge, et s’est
fâché !
« Tu
es un prince Sawai Jai, ton père est rajah, ton grand-père l’était avant lui et
ton arrière-grand père également. Toi aussi, à ma mort, tu seras le rajah de
Jaipur ! C’est ainsi ! Il te faut apprendre beaucoup de choses pour
pouvoir régner et tu n’as pas le temps de t’amuser avec des éléphants. Retourne
voir ton précepteur ! »
Sawai
Jai retourna dans sa salle d’études en boudant, il était vraiment fâché contre
son père le rajah. Mr Singh, le voyant arriver ainsi, s’enquit de ses
problèmes.
-
Mon père ne veut pas que j’apprenne le métier de cornac. Il veut que je sois
rajah…. Mais moi je ne veux pas ! Je veux vivre avec les éléphants. Ce
soir, je partirai, je sortirai du palais et j’irai me cacher dans la jungle.
Mon père me pensera perdu, dévoré par les tigres et choisira mon frère pour
être le rajah ! Comme ça, je pourrai tranquillement aller vivre chez les
cornacs et apprendre leur savoir-faire!
-
Allons allons, prince Sawai Jai, c’est idiot ! Dans la jungle, vous vous
ferez vraiment dévorer par les tigres ou les panthères avant même d’avoir
rejoint le village des cornacs ! Laissez-moi parler à votre père, je pense
qu’il m’écoutera.
Et
Mr Singh quitta la pièce, laissant Sawai Jai rêveur…. Mr Singh serait donc de
son côté ?
Une
heure plus tard, le rajah faisait appeler son fils. Mr Singh était avec lui.
-
Viens donc ici Sawai Jai. Ton précepteur est un homme sage et persuasif.
Je
te propose de partir ce soir avec lui. Tu vas parcourir le pays, tu devras
découvrir les richesses cachées chez nos voisins et cousins, à Udaipur,
à Kumbhalgarh, à Jodhpur... Tu devras
apprendre beaucoup de lui et des gens que tu rencontreras, il te faudra écouter,
et regarder avec tes yeux, mais aussi avec ton cœur. Chaque jour, tu deviendras
plus fort, chaque jour, tu grandiras un peu et lorsque tu reviendras, si ce
voyage t’a été bénéfique, tu auras appris suffisamment pour monter un éléphant ;
je te le promets.
Sawai
Jai ne s’était jamais senti aussi heureux et regardait son père avec
reconnaissance, et son maître avec admiration. Comment avait-il réussi ce tour
de force ?
Comme
il était heureux !
-
Je n’ai pas fini Sawai Jai. Prends un sac, remplis le toi-même de ce qui te
sera utile pour le voyage et sois prêt dans une heure. Mr Singh et toi partez
pour Udaipur, la Ville Blanche. Vous logerez au bord du lac. Il te faudra ce
soir aller sur le lac, voir le soleil se coucher sur cette étendue d’eau calme,
admirer la cité blanche et en imprimer ses contours en ta mémoire.
Une
heure après, bien sûr, Sawai Jai était fin prêt, complètement excité à l’idée
de sortir du palais, d’aller voir le monde, en vrai !
En
cours de route, Mr Singh lui racontait l’histoire d’Udaipur. Sawai Jai était
attentif, il avait bien compris que ce voyage n’était pas seulement du plaisir
mais qu’il devait en retirer une certaine connaissance du monde.
« Autrefois,
ce pays était sans arrêt envahi, soit par les moghols, soit par les marathes et
les sacs successifs de la capitale la rendirent inhabitable alors le maharajah
décida, en 1568, d’aller construire une nouvelle ville au bord du lac Pichola.
Tout autour, des collines boisées permettraient de la protéger un peu mieux des
envahisseurs. C’est ainsi que naquit Udaipur. Toutes les maisons devaient être
peintes en blanc et c’est encore le cas aujourd’hui. Les collines, elles, paraissent
gris-bleu … il te faudra bien regarder la ville depuis le lac, c’est seulement
depuis l’eau qu’on la voit dans toute sa beauté. Le lac Pichola est parfois sec
quand la mousson vient à tarder mais dès l’arrivée des pluies, il retrouve ses
reflets argentés. Attention, dans certaines zones peu habitées, des crocodiles
ont élu domicile donc évite d’y aller. Au milieu du lac, un riche rajah a construit
son palais, spécialement conçu pour accueillir ses hôtes de marques, nous ne
pourrons pas y débarquer.
Après
cette promenade sur l’eau, je pense que tu auras bien mérité un bon repas et un
lit agréable. Nous logerons dans une haveli, maison que le rajah de Udaipur met
à notre disposition pour deux jours.
Sawai
Jai commençait déjà à rêver d’Udaipur et
termina le voyage endormi ….